A l’heure où le salon de l’agriculture ferme ses portes, et que l’engouement des Français pour les produits du terroirs ne se dément pas, la disparition programmée du canard de Rouen pourrait, si elle était confirmée, aller à contre-courant.
Moins médiatisée que celles d’entreprises montrées au journal du 20H, à l’instar d’un Lejaby ou d’un Pétroplus, la liquidation d’un élevage pourrait sembler secondaire, et pourtant là aussi, un savoir faire qui fout le camp et sur lequel il semble qu’on ait peu de prise à l’heure de la mondialisation.
C’est le journal Marianne qui le premier aura sorti l’affaire de l’ombre médiatique, repris depuis par Liberté Dimanche : le seul élevage d’Anneville-Ambourville va fermer, après 10 ans d’existence et de nombreux clients à la clef. Le gallinacé qui porte le nom de Rouen risque donc de disparaître, faute de repreneurs.
On pourrait se dire qu’importe un canard de plus ou de moins, pour autant, au delà d’une perte pour la bio-diversité en terme génétique, c’est aussi la fin du filière économique locale reconnue par l’Union Européenne, un fleuron de la gastronomie rouennaise qui risque là aussi de disparaître de nos assiettes, et au-delà, un peu de notre patrimoine qui prend l’eau. On comprendra qu’on puisse s’en émouvoir.
Souhaitons qu’à l’instar de la poule de Gournay ou de Pavilly, ou de l’oie normande qui ont bien failli disparaître, on sache favoriser la reprise de cet élevage ou à la création de nouveaux et ne pas laisser disparaître une espèce régionale, par des incitations financières que nos collectivités territoriales en association avec la chambre d’agriculture, pourraient facilement mettre en place, et peu honéreuses pour les finances publiques.
Une démarche que nous aimerions voir portée par le Maire de Rouen, Grand Canardier d’Honneur de l’Ordre des Canardiers, et par tous ceux, restaurateurs en tête, que cette disparition ne peut pas laisser indifférents.
Non la fin du canard de Rouen ne doit pas être une fatalité, alors agissons !