L’auteur stéphanais Jean Pierre Levaray sort deux livres, un livre pour enfants, une BD avec le dessinateur Efix. Avec un sujet commun : le travail, l’usine, les fermetures d’entreprises, et comment vivre avec. Un sujet rare en littérature mais en plein dans l’actualité. Voilà des années que Jean-Pierre Levaray raconte l’usine de l’intérieur, à travers ceux qui y travaillent, comme Putain d’usine, Des nuits en bleu. Cette fois l’auteur stéphanais écrit pour les enfants et c’est Annabelle qui raconte l’usine qu’elle voit de sa fenêtre et où travaille son père. L’usine mystérieuse qui sent souvent mauvais, qui fait parfois tousser, qui oblige à des exercices de secours, l’usine qui risque de fermer et qu’il faut défendre. Les illustrations de David Rebaud sont noires comme la suie des cheminées industrielles. C’est quoi ce travail ? est une histoire, les pieds sur terre, qui ne raconte pas d’histoire mais qui ouvre aux enfants des portes sur le monde du travail. La publication est bienvenue au moment où les luttes des salariés de Petroplus, M-real ici, Florange, Fralib ailleurs, mettent l’industrie française sous les feux de l’actualité. Les lieux du travail ne sont pas des mondes à part, on y travaille, on y vit et il est bon d’en parler aux enfants.
Un précédent livre de Jean-Pierre Levaray, Tue ton patron, sort en BD avec les dessins d’Efix, déjà partenaire de l’auteur pour les deux premiers épisodes de la série : Putain d’usine et Les fantômes du vieux bourg. Pas facile de tuer le patron qui t’a licencié dans une énième réduction d’effectifs, même quand on en rêve toutes les nuits, même si c’est un salaud. Il faut déjà l’approcher, il n’est pas du même monde. Tue ton patron se passe dans les tours de La Défense, paradis des sièges sociaux qu’Efix trace en grandes séquences à la verticale. Avec des pauses où le dessin au trait précis fait place à l’estompe des vielles photos pour parler des souvenirs de l’atelier, des collègues et des manifestations. Là encore, une BD qui parle du travail et du salariat, est un sujet rare, c’est donc un événement. L’éditeur n’est plus Olivier Petit, qui a vendu sa maison d’édition Petit à Petit à La Martinière, mais les éditions Fetjaine, où on retrouve sans surprise Olivier Petit comme directeur de collection.
•C’est quoi ce travail ? Editions Chant d’orties, chantdorties.free.fr
•Tue ton patron, Editions Fetjaine, La Martinière, fetjaine.com