Hollande propose, Sarkozy oppose

Depuis l’entrée en campagne du Président sortant, je suis frappé par la façon dont, au lieu de présenter un projet positif pour le pays, il préfère critiquer François Hollande et opposer les Français entre eux.

Le slogan même de François Hollande est une proposition: “le changement, c’est maintenant”. Il invite les électeurs à voter pour changer et s’adresse à tous, sans distinction. A l’inverse, “la France forte” du sortant semble opposer les faibles aux puissants, comme un rappel provocateur de son mandat: du président des riches au candidat des forts, le pas est franchi! Une illustration en a été donnée par le débat sur l’impôt citoyen proposé par François Hollande (75% de ce qui dépasse 1 million d’euros – et seulement de ce qui dépasse!): le sortant s’est empressé de défendre ses amis du CAC40, avouant ainsi que lui n’agira pas pour limiter les rémunérations indécentes. Il est vrai qu’il les a même clairement favorisées, en créant le bouclier fiscal puis en baissant l’impôt sur la fortune, aux frais des contribuables normaux. Comment ose-t-il alors se dire le ”candidat du peuple”?

Sur tous les autres sujets, le débat prend la même tournure: quand François Hollande propose, Nicolas Sarkozy oppose. Pour l’école, le candidat socialiste propose notamment de créer 60000 postes en 5 ans, financés par des redéploiements et la suppression de niches fiscales. En face, le sortant oppose les enseignants aux familles, promettant un marché de dupes aux premiers (travailler 50% de plus pour une augmentation de 25%!) comme aux seconds (plus d’heures par enseignant mais toujours moins d’enseignants!). Pour l’emploi aussi, François Hollande propose des pistes concrètes: soutien massif aux PME, réindustrialisation, emplois d’avenir, contrat de génération, etc. En face, Nicolas Sarkozy oppose les chômeurs (anciens salariés?) aux salariés (futurs chômeurs?), comme si le monde du travail était seul responsable de ses difficultés et non les financiers, les actionnaires ou… le Président sortant! Même sur la laîcité, quand François Hollande propose d’inscrire dans la Constitution la séparation des sphères religieuse et publique, Nicolas Sarkozy préfère opposer les croyances, cherchant à attiser les tensions et non les apaiser.

Convaincu qu’une élection se gagne sur un projet plus que sur un bilan (surtout si mauvais!) ou des critiques (surtout si grossières!), je veux croire que les Français choisiront François Hollande, parce qu’il propose de les rassembler sur des perspectives positives, permettant de redresser le pays dans la justice. Je veux surtout continuer à convaincre, et c’est pourquoi je consacrerai tous mes prochains billets, jusqu’au 6 mai, aux principales propositions du candidat socialiste.

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