Comme beaucoup de Français j’ai écouté dernièrement notre président actuel et j’ai été choquée d’entendre qu’il voudrait remettre en question le RSA et imposer des nouvelles conditions que j’estime complètement décalées par rapport à la réalité du terrain !
L’ancien Maire de la très riche ville de Neuilly devrait à mon avis s’informer un peu plus sur l’attribution du RSA, notamment dans notre département. Car cet argent qui est attribué par le Conseil général aux allocataires fait déjà l’objet d’un accompagnement et ceux-ci sont déjà soumis à des obligations d’où découlent des droits.
Leurs droits :
- Percevoir l’allocation RSA
- Bénéficier de droits connexes (santé, logement….)
- Etre accompagné par un référent et avoir un accès aux offres d’insertion
Leurs devoirs :
- Renvoyer une déclaration trimestrielle de ressources à la CAF
- Informer la CAF des changements de situation
- S’engager dans une démarche d’insertion
- Signer un contrat d’insertion
- Respecter les engagements posés au sein du contrat d’insertion
- Répondre aux convocations du référent
- Se soumettre aux contrôles de la CAF
Dans ce cadre, le Conseil général de Seine Maritime a mis en place pour nos 44.000 allocataires du RSA (ce qui représente en fait 95.000 personnes qui vivent de cette allocation) des ateliers territoriaux par secteur pour organiser des forums de l’insertion afin de réunir les différents partenaires qui accompagnent nos seinomarins.
C’est dans cet esprit que les axes du plan département d’insertion sont mis en place :
- Proposer aux bénéficiares du RSA des outils dans leur cadre de leurs difficultés sociales
- Proposer aux bénéficiares du RSA des outils pour lever leurs difficultés sosioprofessionnelles
- Proposer aux bénéficiares du RSA des outils pour lever leurs difficultés professionnelles
- Donner à tous les bénéficiares du RSA un référent unique pour les accompagner
- Animer, piloter et évaluer
Tous les bénéficiaires préféreraient de beaucoup que l’on puisse leur proposer du travail adapté à leur formation, à leur vocation professionnelle et non pas être tributaires de cette aide minimale. A chaque offre d’emploi publiée, ce sont des centaines de candidatures qui parviennent au département, preuve s’il en faut que ces personnes ne souhaitent pas rester inactives ! Avant de les obliger à travailler, il faudrait d’abord que la Société puisse justement leur proposer du travail !
Lors de ma permanence, j’ai encore rencontré un jeune qui est venu me demander de l’aide pour lui trouver du travail. Il m’a exprimé sa souffrance d’être sans travail, sans moyen de transports, sans revenu pour aider ses parents.
Et que dire des 56.000 foyers agricoles français qui perçoivent désormais le RSA du fait de la politique libérale désastreuse du Président actuel dans le secteur de l’agriculture ? Peut-on remettre en cause le travail de nos agriculteurs et leurs familles qui restent exemplaires dans les tâches pénibles qu’ils réalisent au quotidien ?
Que croit le président actuel en stigmatisant les allocataires du RSA ? Ces personnes souhaitent bien de tout coeur trouver un emploi !
Voilà ce que j’avais besoin d’exprimer au Président/Candidat et à son auditoire qui critiquent de manière démagogique les bénéficiaires du RSA avec pour arguments leurs seuls préjugés sans connaître la dure réalité du terrain.
De l’expérience de toutes les histoires de vies brisées que j’ai entendues, je peux vous certifier que personne, même les meilleurs travailleurs ou les plus diplômés, n’est jamais à l’abri de se retrouver un jour dans une situation de précarité ou de voir un de ses enfants dans le besoin.
Respectons au moins ces personnes plutôt que de les humilier alors qu’elles sont déjà à terre !