Le musée municipal de Lillebonne abrite “Marché aux Bestiaux à Lillebonne”, le tableau peint en 1934 par Raimond Lecourt, peintre de l’Ecole de Rouen du début du 20ème siècle. La scène se déroule place Timothée Holley, du nom du maire qui a donné le terrain pour édifier le marché aux bestiaux et le temple protestant.
Les maronniers sont déjà là. Au fond du tableau, se trouve l’actuelle rue de Kinkerville. Au premier plan, une barrière sert à attacher des veaux. Derrière on distingue des cochers. Au fond, à droite, se trouve la “bascule” qui servaient à peser les bêtes. Les hommes sont en “blaudes” bleues ou noires. En arrivant hier matin à proximité des places Timothée Holley et Félix Faure, on retrouvait l’effervescence, les bêtes et l’ambiance fixées par les pinceaux de Raimond Lecourt. Pour la quatrième fois, en ce 4ème mercredi avant Pâques, comme le veut la tradition, j’ai apprécié, pendant plus de trois heures, de déambuler dans les allées du concours de bestiaux lillebonnais, en compagnie de Nicolas Beaussart, maire et conseiller général du canton de Lillebonne, et de Vincent Andrieu, ancien président du contrôle laitier et récemment décoré de l’Ordre National du Mérite.
La voix de Didier Ledan, animateur hors pair de foire aux bestiaux, résonnait dans les haut-parleurs et soulignait le volume, l’aplomb, les mamelles pour les femelles ou les qualités bouchères des bêtes. Elle vantait les mérites des éleveurs, ceux de François Frisonne, de M. Perdrix, d’Odile et Alain Bonnechose dont le GAEC est l’une des dernières exploitations à Lillebonne. On croisait aussi Jean-Claude Joly, devenu célèbre depuis l’émission “L’amour est dans le pré”, venu en voisin.
Du côté des vaches, la race Normande, que son lait crémeux et sa viande savoureuse a hissé à la place de 3ème race bovine française, rivalisait avec la Pie Rouge des Plaines et la Prim’Holstein. Mais si les animaux sont les vedettes, ce 133ème concours n’aurait pas eu lieu sans les personnes qui s’y affairent. Pierre Gomont est l’un de ceux-là. Avec les services municipaux, il organise et supervise le concours. Ancien agriculteur et éleveur, il conserve la passion de son métier. Il préside le jury depuis 2001 avec le plus grand sérieux et explique notamment son attention particulière pour le respect des règles sanitaires. Hier, le tableau de Raimond Lecourt a repris vie. Pour la joie et le plaisir d’un public venu très nombreux, témoignant l’attachement de tous au monde agricole.