Ce 19 mars marque les cinquante ans de la fin de la guerre en Algérie. La date ne figure pas au calendrier des célébrations officielles en France, mais elle est défendue par les anciens combattants de la Fnaca. Le 19 mars 1962, le général Ailleret donnait l’ordre à toutes les unités de cesser les combats à midi, en application des accords conclus à Évian la veille. La guerre d’Algérie prenait fin. Cinquante ans après, cette date garde un sens très fort pour ceux qui l’ont vécue, avec souvent de l’amertume. "Cela a duré huit ans et près de 2 millions de gars, des appelés, y sont allés, rappelle André Pelletier. Il y a eu 30 000 morts. On n’était pas volontaires, nous, ce n’était pas notre métier." "C’est une date douloureuse, mais c’était la solution de raison. Et depuis, presque trois générations n’ont pas vécu la guerre" assure Claude Maréchal, à la tête du comité local de la Fnaca, fédération nationale des anciens combattants en Algérie.
Cinq décennies plus tard, ces anciens soldats rappellent qu’en 1962, on ne parlait pas de guerre, mais "de maintien de l’ordre". "Il a fallu se battre pour que cela change, ce n’est qu’en 1999 que le président Jacques Chirac a enfin reconnu qu’il s’agissait bien d’une guerre." Le comité stéphanais de la Fnaca créé il y a trente-cinq ans, compte 211 adhérents. « Les inorganisés sont les plus nombreux, mais des gens décident de nous rejoindre chaque année", assure Moïse Colombel. La défense des droits des survivants (carte du combattant, retraite du combattant, droits des veuves…) va de pair avec la mémoire des disparus. L’association espère obtenir enfin en 2012 que le 19 mars soit reconnue comme la date officielle de commémoration du retour à la paix. Elle souhaite aussi faire de ce cinquantenaire un moment de rapprochement avec l’Algérie : "il est temps de tourner la page".
"Le 19 mars en Algérie n’est pas une date que l’on célèbre, c’est le 5 juillet, jour de l’indépendance", explique de son côté Kamal Baheddi, président du Rassemblement franco-algérien de Normandie (RFAN). "Mais le 19 mars reste une victoire de la paix", ajoute Kamal Baheddi. "C’est un jour de mémoire pour honorer les morts des deux côtés. Cinquante ans après, ce doit être une journée de réconciliation et de reconnaissance des épreuves subies par un peuple.» La guerre a été reconnue, mais reste le problème des tortures, estime-t-il : "Il faut en parler, pas pour entretenir la haine mais pour avancer. Le 19 mars est un jour de réconciliation, cinquante ans après il faut finaliser cette réconciliation." En Algérie, la guerre a fait de 250 000 à 300 000 morts, estiment les historiens.
• Commémoration lundi 19 mars 2012, cérémonie à 9 h 30 au monument aux morts du cimetière centre, avenue du Val-l’Abbé.