
Monsieur M.(*), âgé de 33 ans est arrivé en France en 2006 avec le statut de réfugié politique fuyant un pays qui est le théâtre d’un conflit particulièrement cruel entre rebelles et armée gouvernementale. Monsieur M. laisse dans cette fuite, son épouse alors âgée de 21 ans.
Mariés
Ayant obtenu une carte de séjour pour 10 ans et le statut de réfugié politique, Monsieur M. s’est vu délivrer un livret de famille par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Cette administration publique se substitue à l’état civil de son pays d’origine. Voilà qui entérine le fait que Monsieur M. est bien l’époux de Madame et ce, avant son départ en France. C’est donc très logiquement que Monsieur M. entreprend en 2009, – après qu’il ait lui-même passé toutes les étapes de l’insertion (apprentissage de la langue, formation etc..) – les démarches pour que Madame puisse le rejoindre légalement au titre du regroupement familial. Seulement voilà, pour des raisons qui restent floues, le visa de Madame est refusé par l’ambassade de France sise dans son pays d’origine « Des problèmes de dates, des incompatibilités de traduction », indique Claude Henon de l’Ahseti (Association havraise de solidarité et d’échange avec tous les immigrés).
Une insoutenable angoisse
Bref des atermoiements administratifs pendant lesquels Madame est contrainte de faire des allers-retours dans un contexte très dangereux pour fournir des papiers, puis encore des papiers. « Je n’ai pas de contact avec ma femme depuis plus d’une semaine, explique avec inquiétude Monsieur M. Il n’y a pas de réseau téléphonique et quand il y en a, les appels sont surveillés. Je ne peux plus vivre dans cette angoisse; j’ai peur que ma femme croie que je l’ai abandonnée…» Monsieur M. ne pouvant plus supporter la situation, a décidé d’entamer une grève de la faim. Soutenu par l’Ahseti, assisté de son médecin et son avocat maître Antoine Mary qui multiplie les actions, Monsieur M. n’a trouvé que cet ultime geste pour crier sa détresse. La mairie du Havre, alertée sur la situation, aurait contacté la sous-préfecture qui nous assure « prendre la situation très au sérieux et avoir demandé à l’ambassade tous les éclaircissements sur ce dossier».
Dernière minute : Monsieur M. qui vient de recevoir l’enregistrement du recours contre la décision de refus de visa a pu arrêter le processus de grève de la faim. Il semblerait que les choses soient en effet sur la voie du déblocage. Nous suivrons ce dossier et avons notamment contacté l’ambassadeur français du pays.
DLM-T