Ogre ou bec fin rouennais

A deux pas, un monument avait été érigé et on pouvait lire : «A Gargantua – fils de Rabelais – L’appétit vient en mangeant – mais la soif s’en va en beuvant – Si je montais aussi bien que j’avale – je serais déjà bien hault dans les airs», mais aussi, «Réjouissez vous mais n’oubliez pas les malheureux». Belle source d’inspiration pour un certain Coluche un demi-siècle plus tard.
Entre deux, des restaurants communautaires avaient ouvert fin 1941. C’étaient les «rescos» à menu unique.
Enfin, du salé et du sucré pour saluer les traditions culinaires qui ont fait recette :
– Le canard au sang, recette perpétuée par l’Ordre des Canardiers, peut sembler barbare, puisqu’il s’agit de broyer sur la table avec une presse et devant les yeux des convives, la carcasse du volatile cuit saignant, afin d’en récolter un jus de sang qui sert de base à la sauce.

Du temps des Gaulois

– Très ancienne, celle des aguignettes remonte, dit-on aux Gaulois. Déformation de l’exclamation «Au gui l’An neuf !», le mot désignait les étrennes sollicitées par les enfants allant chanter de porte en porte au Jour de l’An. Et gare au fesse-mathieu qui rechignait à mettre la main à la poche ! Les enfants entonnaient alors une chanson pour convaincre le récalcitrant : «Aguignettes, … coupez meu un p’tit quignon, si vous n’voulez point l’couper …». Menaces et représailles étaient toujours suffisantes. De nos jours, ces friandises en pâte feuilletée découpée en motifs divers sont consommées le 1er janvier.
– Inventé à Rouen au 16e siècle, le sucre de pomme était jadis préparé avec du jus concentré de pommes à couteau et du sucre chauffé à 350°C avant d’être formé en bâtonnets recouverts d’une couche de sucre. La recette primitive améliorée permet d’obtenir un sucre parfaitement transparent, qui en 1865, prendra la forme d’un bâtonnet représentant le Gros Horloge dans un emballage gris, blanc et or.
– A consommer sans modération, «Les larmes de Jeanne d’Arc» créées par le chocolatier Auzou sont des amandes grillées et caramélisées, enrobées de chocolat noir et roulées dans du cacao. Ces chocolats seraient une métaphore des larmes de la Pucelle qui pleurât sur le bûcher, non pas de désarroi, mais de désespoir de n’avoir pu accomplir sa mission.

De notre correspondant Daniel Caillet

Articles créés 1596

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut