Il y a plusieurs mois, j’avais eu l’occasion de me rendre à une journée portes ouvertes de l’antenne gravenchonnaise de l’I.C.I.A.D., l’Institut de Coordination et d’Intervention des Aides à Domicile. J’avais déjà pu mesurer le travail remarquable que mène cette association qui propose une insertion par l’activité à de nombreux habitants du secteur. Mon sentiment positif s’est confirmé, il y a quelques jours, lorsque je me suis rendu dans les locaux lillebonnais de cette même association. J’y ai visité, en compagnie de Nicole Duramé, la présidente, l’atelier de tri de textiles et la “Boutique du Pays”. A l’origine, I.C.I.A.D. est une association qui met à disposition des particuliers, des personnels en recherche d’emploi, pour effectuer diverses prestations à domicile, comme l’accompagnement de personnes âgées ou handicapées, l’entretien d’espaces verts, le portage de repas… En 2009, elle a diversifié ses activités en créant des chantiers d’insertion basés sur la récupération et le revalorisation de textiles. Dans l’atelier de tri, les employés, des femmes essentiellement, distinguent les vêtements en bon état et “au goût du jour” pour les proposer à la vente dans les boutiques de Lillebonne et Bolbec de l’association. Les autres textiles sont triés pour être revalorisés. J’ai par exemple appris pendant cette visite que le nylon ne “meurt jamais” et que l’on pouvait, à l’infini, recréer des bas et des collants à partir des paires filées ou trouées. D’autres textiles, une fois assemblés, deviennent des plaques de feutre destinées, par exemple, à l’isolation des voitures. D’autres encore, vivent une seconde vie comme chiffons. I.C.I.A.D. a aussi développé un procédé très intéressant en créant, à partir des textiles, des briquettes de tissu pour remplacer le bois de chauffage. Ces briquettes sont moins chères, plus respectueuses de l’environnement et tout aussi efficaces. Et comme I.C.I.A.D. a pensé à tout, les cendres de ces briquettes sont, elles aussi, recyclées et trouvent un débouché dans la composition du ciment. Insertion sociale, viabilité économique, protection de l’environnement, I.C.I.A.D. fait fonctionner “à plein” le développement durable ! Au-delà de ce constat qui me réjouit en tant que membre de la commission “développement durable” de l’Assemblée nationale, les discussions approfondies avec les salariés et les responsables de cette association m’ont permis, comme souvent, de noter quelques dysfonctionnements, quelques difficultés, qu’une discussion parlementaire sur la loi et les règlements pourrait lever.