Dix ou quinze jours d’alerte à la pollution, d’inquiétudes et d’interrogations. Les premières Assises stéphanaises du développement durable tombent, les 3 et 4 avril, dans une actualité aussi chargée que l’air que nous respirons. Air Normand tient chaque jour depuis la mi-mars la juste chronique des épisodes de pollution par les particules en suspension qui interpelle les pouvoirs publics sur leurs capacités et volonté d’action. Les Assises stéphanaises, programmées de longue date, vont permettre de réfléchir au-delà de l’actualité avec les habitants et acteurs du territoire et de replacer les questionnements actuels dans des enjeux plus larges. À commencer par ceux du réchauffement climatique avec la conférence du climatologue Hervé Le Treut, membre du Groupe d’experts intergouvernental sur l’évolution du climat. Mardi 3 avril, à l’Université des sciences. Intitulée, "Changement climatique : certitudes, incertitudes, enjeux", la conférence d’Hervé Le Treut permettra de faire le point sur les connaissances scientifiques concernant l’évolution du climat, l’identification des causes et des moyens d’y remédier.
Une fois posés ces enjeux planétaires, c’est sur l’action locale que se concentreront les débats et ateliers animés par Moyse Gomis, le 4 avril. "Il ne suffit pas de renvoyer à la seule responsabilité individuelle pour faire bouger les choses dans le bon sens, il faut promouvoir des actions collectives", souligne Joachim Moyse, premier adjoint au maire de Saint-Étienne-du-Rouvray,
Au moment du lancement de l’agenda 21 stéphanais, l’exemple de Grand-Couronne sera présenté et mis en discussion. Également au programme et directement liées aux questions de pollution : la maîtrise énergétique, avec l’exemple de la Ville de Montididier dans la Somme, qui fait le pari de l’autonomie et de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre. De son côté, l’expérience stéphanaise s’appuie sur la mise en œuvre de la chaufferie urbaine au bois, plus économe, y compris pour la facture des usagers.
Car les Assises stéphanaises entendent faire lien entre environnement et justice sociale, comme une condition de l’efficacité des politiques à mettre en œuvre. C’est particulièrement vrai avec la présentation de l’expérience de gratuité du transport urbain menée par la Communauté du pays d’Aubagne et de l’Étoile, dans les Bouches-du-Rhône. Ou comment associer développement du transport en commun et redistribution sociale.
La question sociale sera également au centre du débat sur la précarité énergétique, qui renvoie aussi bien "au poids du budget consacré à l’énergie par les ménages à faibles revenus, comme l’analyse Didier Chérel, de l’Ademe, dans le dossier spécial du Stéphanais n°141 consacré aux Assises. C’est aussi le coût de l’énergie, lui-même, qui explique que ces dépenses deviennent trop lourdes. Enfin, c’est la qualité du logement qui est en jeu. "
• Conférence d’Hervé Le Treut | mardi 3 avril | 18 heures | Université des sciences
• Ateliers et conférences | mercredi 4 avril | 9 heures-19 h 30 | Salle festive
• Théâtre jeune public : Les exp’air de Normandie| mercredi 4 avril | 17 h 30 | Espace Georges-Déziré