«J’ai besoin de laisser parler l’étranger qui se cache en moi» (D.R.)
«La place du fantôme», titre troublant pour le sixième album de La Grande Sophie. «C’est l’histoire d’une présence. Qui m’a manqué. Que j’ai cherchée. Et qui n’est jamais arrivée». Ce disque-ci nous arrive à point. Il a longtemps mûri. Il s’est nourri, notamment, des trois dernières années, très riches, de la Grande Sophie.
Prix Charles Cros
En 2009, elle publie «Des vagues et des ruisseaux», disque acoustique et épuré, salué par l’ensemble de la presse, qui récolte le Grand Prix de l’Académie Charles Cros. En 2010, elle participe aux Françoises, création éphémère pour le Printemps de Bourges, aux côtés de Camille, Jeanne Cherhal, Emily Loizeau, Rosemary Standley et Olivia Ruiz. Dans la foulée, elle s’envole pour plusieurs concerts acoustiques au Québec, et à New-York. A son retour, elle signe la composition et l’arrangement d’une musique de téléfilm et collabore aux albums des deux grandes icônes sixties – dont elle a souvent repris les chansons sur scène : Françoise Hardy, pour qui elle écrit l’énigmatique Mister et Sylvie Vartan, à qui elle offre le single Personne.
Automne 2010
« J’ai eu besoin de repos avant de me relancer dans l’écriture. A partir de l’automne 2010, je m’y suis mise… progressivement. En fait, tout s’est déclenché au printemps suivant. Les chansons ont débarqué les unes à la suite des autres». Avec «La place du fantôme», la Grande Sophie explore d’autres identités encore, et trouve son équilibre à mi-chemin entre des éléments acoustiques et des synthétiseurs analogiques aux sonorités 70-80’s, sur fond de rythmiques pop et de mélodies toujours aussi claires et inspirées. Comme une ride d’expression à la surface du cœur, ce sixième album creuse un sillon, amorcé avec «Des vagues et des ruisseaux» : les chansons y sont plus introspectives, moins enjouées qu’auparavant. «La place du fantôme, c’est aussi un grand espace pour que mon imaginaire respire. Dans fantôme, il y a fantasme. J’ai besoin de laisser parler l’étranger qui se cache en moi et qu’on va découvrir… ou pas».
Mardi 3 avril, à 20h30, au Trianon, Sotteville-les-Rouen.
tarifs : de 10 à 20 euros