La pollution intérieure existe aussi au bureau

http://www.zegreenweb.com/sinformer/la-pollution-interieure-existe-aussi-au-bureau,48868

 

par Guillaume Duhamel

Les poussières de produits chimiques sont une réalité rarement contournable de la vie professionnelle

La pollution intérieure fait partie intégrante du quotidien professionnel. Au bureau, la protection de l’environnement et plus encore de la santé des employés ne va que rarement de soi. Explications.

La première priorité est d’arriver à l’heure. On regarde les dossiers, on « checke » les mails, et la journée de travail se poursuit, sans qu’on n’y pense. C’est sans doute beaucoup mieux ainsi, aussi bien pour nous que pour ceux à qui nous devons des comptes, car si ce douloureux état de fait occupait nos esprits, les plus sensibles auraient sans doute de grandes difficultés à faire leur métier avec la même efficacité.

Disons-le brut de décoffrage : le fait de travailler au bureau, dans un environnement fermé, ne veut pas dire que nous sommes à l’abri de la pollution. Au bureau comme chez soi, la pollution intérieure est en effet une réalité, avec sa cascade de perfluorocarbones (PFC), composés halogéneux à l’intitulé hostile. Et pour cause : même s’ils ne sont pas réputés dangereux pour la couche d’ozone, il s’agit de gaz à effet de serre (GES) qui peuvent être à l’origine de problèmes immunitaires, de fertilité et de développement.

Le brome est lui aussi monnaie courante dans de nombreux locaux. Entrant notamment dans le processus de fabrication des extincteurs et des lampes halogènes, il contribue quant à lui à la destruction de la couche d’ozone, dont on sait qu’elle est encore loin d’être tirée d’affaire.

« Quand on pense à des expositions professionnelles, on cite spontanément les ouvriers affectés à la construction ou les soudeurs, mais les travailleurs de bureau sont une population plus importante encore », résume Michael McLean, scientifique spécialisé dans la santé environnementale à la Boston University School of Public Health (États-Unis). Avec plusieurs collègues, il a rédigé une étude sur ce qui constitue, sinon un sujet de société, en tout cas un véritable problème de santé publique devant lequel il serait judicieux de légiférer. Car les auteurs ont conclu que les personnes « évaluées » et qui passent le plus de temps sur leur lieu de travail sont aussi celles qui présentent les taux de PFC dans le sang les plus élevés. Et d’établir un lien direct entre les niveaux de produits chimiques dans l’air au bureau et la quantité de PFC dans le sang. Un lien pas totalement surprenant dans la mesure où les locaux professionnels regorgent de peintures, de moquettes et d’objets susceptibles d’émettre de la poussière contenant des PFC.

Les trente-et-un employés sur lesquels M. McLean et ses troupes se sont penchés travaillaient pour un quart d’entre eux dans un bâtiment récent, décoré notamment avec des tapis neufs et des chaises rembourrées. Un autre quart officiait dans des bâtiments anciens, tandis que la moitié restante travaillait dans un immeuble partiellement rénové l’année précédente et à l’intérieur duquel une nouvelle moquette a été installée, la ventilation obstruée et les bureaux repeints du sol au plafond. Les portes étaient par ailleurs fermées la nuit.

Globalement, les produits chimiques présents dans l’air d’un bureau constituaient 36 % des niveaux de PFC dans le sang. Un pourcentage suffisamment important pour justifier l’interdiction de certaines substances et la mise en œuvre de procédés de rénovation plus appropriés des points de vue sanitaire et écologique. D’autant que les scientifiques se disent aujourd’hui incapables de prodiguer de judicieux conseils aux employés sur la meilleure façon de réduire l’exposition aux produits chimiques…

Mercredi 15 février 2012

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