Des Brésiliens étaient nus et défrichaient la forêt et embarquaient sur une caravelle pour le compte de négociants rouennais. Réalisés vers 1530, on peut les admirer aujourd’hui au Musée des Antiquités.
Dans la chapelle de la Vierge de la Cathédrale, sur le tombeau des cardinaux d’Amboise, le sculpteur Roulland Le Roux vers 1515-1520, a tout simplement intégré deux indiens du Brésil au cœur de la symbolique religieuse et on peut logiquement en déduire qu’ils étaient à Rouen à cette époque ou que l’artiste, témoin de son temps, en avait croisés dans la région.
Et de l’autre coté de la chapelle, sur le tombeau de Louis de Brézé réalisé vers 1530, que voit-on ?
Le visage d’une indienne montrant à quel point le Brésil imprégnait la vie régionale.
Fête du Nouveau monde
Pour preuve, lorsque le roi Henri II et Catherine de Médicis vinrent en visite en 1550, une fête «brésilienne» fut donnée, animée par des habitants de la contrée des Tupinambas, récemment découverte. C’était plus précisément une fête du Nouveau monde avec 50 indiens du Brésil, des singes, des perroquets et une centaine de marins normands parlant couramment le dialecte indien, des interprètes ou «truchements» comme on les appelait alors.
Civilisation de sauvages ?
C’est encore à Rouen, en 1562, que le philosophe Michel de Montaigne rencontre des indiens brésiliens.
Pour lui «il n’y a rien de barbare et de sauvage dans cette nation… sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage».
En direction de Dieppe, jetons maintenant un coup d’œil sur le front de Seine où quelques immeubles ont échappé à la démolition dans les années 60-70 et notamment l’«Hôtel des Sauvages», au bas du boulevard des Belges, à l’angle du quai du Havre.
Si l’édifice date du début du 19e siècle, le passé brésilien de la ville s’exprime par quatre étonnants et superbes bustes d’Indiens. L’ensemble de l’édifice a été magnifiquement restauré.
De notre correspondant Daniel Caillet



