
« La triste actualité au nord du Mali rend plus que jamais nécessaire de porter un autre regard sur le Sahel. Sur ces territoires où le quotidien est rude » Ainsi, s’exprime Didier Berghounoux en décembre dernier, alors qu’il accroche l’exposition de photographies à Beaugency. Anticipe-t-il les événements d’aujourd’hui, lorsqu’il s’adresse au public du festival de films documentaires de l’Isel, vendredi après-midi ? Non ! La guerre qu’il raconte est celle de la survie immédiate, celle de l’eau, celle de l’Or bleu !
Photographe, il est aussi documentariste, notamment dans cette région où il revient d’une immersion de trois années passées entre le Burkina Faso, le Mali, le Niger. Il coupe court, en parlant de Sahel, faisant fi des frontières pour ne parler que d’une région où les hommes sont à la merci de l’eau. A la délivrance d’un puits, ils amorcent très vite un tissu économique, où déjà l’école, le dispensaire, l’agriculture du bouli nourrissent l’espoir de survivre. Son film “Au delà de l’eau” qui a reçu le prix Daniel Fleury, grand prix de ce festival, est cette note d’optimisme qui jaillit juste après L’OR BLEU, cet autre documentaire où l’on a vu la même communauté villageoise de Gangani plongée dans le désespoir qui mène femmes et enfants sur la longue piste sèche, vers d’hypothétiques ruisseaux.
Couvert de récompenses dans tous les festivals qu’il parcourt, Didier Bergounhoux était visiblement ému par l’existence de ce festival organisé par des jeunes qu’il a su convaincre par son message. Il se dit « passeur d’images ». Les élèves-ingénieurs de l’Isel n’oublieront pas la frêle silhouette repartir, le trophée à la main, comme ils garderont en eux un discours de sagesse : l’osmose de celui qui a vécu au Sahel.