La fin d’un règne ?

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Dimanche prochain a lieu le premier tour de l’élection
présidentielle. Un certain nombre d’électrices et d’électeurs ont des fourmis
dans les doigts. Il leur tarde de pouvoir virer l’imposteur, à défaut de lui
faire subir le sort de Marie-Antoinette…

Cinq ans. Cela fait cinq longues années que bon nombre d’électeurs aspirent
à remplir leur devoir civique : virer le plus gros boulet de la Cinquième
République finissante, voire pourrissante. Car si l’occupant à titre précaire
du palais de l’Elysée a une forte chance (à défaut de France forte) de se voir
poussé vers la sortie, l’aspiration à changer d’air du peuple, celui convoqué
et confisqué par bon nombre de candidats, sera plus forte que la tentative de
s’accrocher à un pouvoir qui semble lui échapper de plus en plus. Le récent
épisode du Crillon avec en guest stars les époux Balkany et leur
plateau-télé à 9500 € pendant que les grosses fortunes du CAC 40 déjeunaient
dans le salon, ça ne s’invente pas, Marie-Antoinette, quel symbole !

En effet, comme dirait le soutien le plus illustre de Bécassine du Béarnais,
Nicolas Ier a vraiment du mouron à se faire malgré cinq ans d’activisme
politico-médiatique et de tentatives plus ou moins désespérantes et désespérées
à vouloir faire de la France sa propriété privée. Certes, on se souvient et on
se souviendra à juste titre d’un souper au Fouquet’s, d’une ballade sur le
Paloma, yacht de Bolloré, de divorce, d’excursion à Disneyland, de mariage, de
la candidature du Prince Jean à l’Epad de La Défense, d’enfant qui naît juste
avant l’élection, d’esbroufe, de reniement, d’opportunisme, de l’ouverture et
de la rupture réunies, de l’augmentation de son indemnité de 172 %, du tapis
rouge déroulé à son ex et défunt ami Kadhafi, du soutien à son autre ami Ben
Ali, de Bachar El Assad le 14 juillet sur les Champs Zé, de la chasse aux Roms,
de la stigmatisation de l’Islam, de l’affaire Mérah, des enveloppes de Mamie
Bettencourt, de l’ineffable Woerth, de la farce de la diversité affichée (Rama,
Rachida, Fadela…) ou encore de l’appartement de l’île des Culs de Jatte…

Ça fait déjà beaucoup et cette liste est loin d’être exhaustive. On
rappellera tout de même la fameuse et fumeuse farce de la fin de la
Françafrique. Il fallait « en finir avec ses réseaux d’un autre temps ».
Cinq ans après, on a vu que l’ancien maire de Neuilly voulait surtout faire
entrer ces réseaux dans le 21ème siècle soit à l’heure atomique bien réglée sur
l’uranium du Niger. On se souviendra également du discours dit de Dakar
prononcé avec un plomb certain dans l’université qui porte le nom illustre de
Cheik Anta Diop qui, lui, a fait rentrer l’histoire de Afrique dans
l’Histoire.

C’est donc avec joie que d’aucuns vont aller voter contre ce matamore de la
politique, cet agité du bocal microcosmique, ce « demolition man »
des acquis sociaux, cet usurpateur de fonction, ce récupérateur de drames, ce
Pinocchio éternel, ce tribun pour quatrième âge, ce marchepied de l’extrême
droite, ce petit dictateur des médias, ce pourfendeur de ses propres
propositions, ce contradicteur de lui-même, bref, cet énergumène irrécupérable
qui a permis à la France de s’endetter davantage en détruisant la cohésion
sociale et flattant les plus bas instincts xénophobes et raciste.

Mais le plaisir viendra également du départ la queue entre les jambes, non
pas de DSK, mais des oubliables et facultatifs sbires qui traînent avec l’homme
aux talonnettes en faisant les poches de la République pour quelques suffrages
de plus (ou de moins) : Guéant, Hortefeux, Morano, la droite autoproclamée
« populaire » et bien d’autres encore qui auront su, avec une
efficacité indéniable et un talent sans cesse renouvelé, placer le débat
politique dans le cinquième sous-sol d’une décharge municipale à ciel ouvert et
nous faire regretter Chirac.

Plus que quelques jours à attendre pour faire entrer Nicolas Sarkozy dans
les poubelles de l’Histoire : c’est peu pour qui a su attendre cinq ans,
mais c’est long pour des doigts fébriles qui ne caressent qu’un rêve, celui de
balancer à la face de Napoléon le Minus : « casse-toi, pauv’con
!
».

Le mot de la fin au Petit Nicolas, qui n’ose peut-être plus se regarder dans
un miroir depuis cinq ans et qui, alors qu’il avait professé il y a cinq ans
vouloir faire une retraite dans un monastère pour mieux habiter la fonction
présidentielle : « Vous savez, il m’a fallu du temps pour
comprendre que la gentillesse était une qualité essentielle. C’est tellement
agréable de rencontrer quelqu’un de gentil.
 »

Et c’est tellement rare dans les cercles sarkozistes, y compris dans le
salon Marie-Antoinette du Crillon…

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