Bibliothèques: le manga sort de sa bulle

Les mangas séduisent de plus en plus de lecteurs des bibliothèques municipales. Si le genre a trouvé toute sa place sur les rayonnages, les mangas n’ont pourtant pas toujours fait l’unanimité chez les professionnels. "Mais cela a été vrai également de la bande dessinée en général", assure la bibliothécaire Laurence Dalmont. Longtemps, la bande dessinée japonaise, caractérisée par des codes d’écriture et de dessins qui lui sont propres, a été considérée comme un sous-genre littéraire. Mais depuis peu, la production originaire du pays du soleil levant inonde le marché français. Aujourd’hui une remarque telle que : "J’aime pas les mangas" n’a aucun sens, tant les publications abordent de sujets divers, ne se cantonnant pas uniquement à la culture ou au territoire nippons, et s’adressant à tous les âges.
Mais la déferlante de dessins animés, parfois dotés de scénario et de dessins basiques, dans les années 1980 et 1990, a participé à cataloguer négativement le manga dans l’esprit de beaucoup. Parmi les pionniers de ces dessins animés vus en France, il y a Astro, le petit robot, adapté de l’œuvre du père du manga japonais Osamu Tezuka, mort en 1989. C’est par la télévision que Nicolas 16 ans est entré dans la culture manga. "J’ai commencé par Draggon ball Z et puis j’ai continué avec pas mal d’autres titres. Dernièrement j’ai apprécié Doubt, c’est un peu construit comme un jeu vidéo, avec pas mal de flash-back."
La plupart des mangas sont en noir et blanc et se lisent à la japonaise. Le livre démarre à la dernière page et les "cases" se découvrent de droite à gauche. Une particularité qui s’apprivoise facilement et qui fait même partie du charme de ces petits bouquins au format de poche. "Chez les enfants, le bouche à oreille fonctionne à plein, constate Cécile Leroy. Certains viennent à la bibliothèque uniquement pour les mangas… en tout cas dans un premier temps."
Il n’est pas rare qu’un auteur développe son histoire et les aventures de ses héros sur une vingtaine de volumes. "C’est justement ce que j’aime, assure Marie-Louange, 10 ans, on a toujours envie de connaître la suite. Mes frères aînés en lisaient à la maison, c’est ce qui m’a incité à m’y mettre. J’ai tout de suite accroché. Là, je commence Soul eater et avant j’ai lu la série Oh my god que j’ai vraiment bien aimée."
Et les adultes dans tout cela ? Souvent nous constatons que le public est le même que pour le reste de la BD adulte…" Pour une bonne entrée en matière, les bibliothécaires conseillent les titres de Jirô Tanigushi, dont l’adaptation théâtrale de son Quartier lointain, a d’ailleurs récemment été programmée au Rive Gauche. Son dessin est assez proche de la tradition franco-belge et il n’a pas son pareil pour dépeindre les petits riens de la vie quotidienne.
Preuve que les mangas séduisent les lecteurs stéphanais : ils sont de plus en plus nombreux à faire part de leurs suggestions d’achat sur les fiches à leur disposition. Le secteur jeunesse compte déjà près de 80 séries qui représentent 750 volumes. Le rayon adulte est moins fourni, mais lui aussi en pleine expansion avec plus de 200 exemplaires.
• Renseignements: bibliotheques@ser76.com ou par Tél.: 02.32.95.83.68.

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