Bernard Lacombe : «Je redoute ce match»

Bernard Lacombe se méfie des équipes capables de réaliser des « coups » (© olympique-et-lyonnais.com).

Bernard Lacombe se méfie des équipes capables de réaliser des « coups » (© olympique-et-lyonnais.com).


Côté Rouen : Le parcours de Quevilly, tombeur de l’OM et de Rennes, vous impressionne-t-il ?

Bernard Lacombe : Vous savez, si vous arrivez au bout d’une compétition, c’est que vous êtes capable d’exploits. Le statut de Quevilly n’est évidemment pas le même que le nôtre, mais ils me font penser à l’OL quand j’y jouais au début des années 70: on réussissait des « coups ». Quevilly aussi, d’ailleurs, qui nous a déjà éliminés en 1968… Et quand nous, on a gagné la Coupe en 1973, c’était contre Nantes, qui se baladait en championnat. Les clubs de l’élite comme l’OL doivent-ils se méfier des « petits », galvanisés par les exploits et la ferveur qui les entoure ? Quand on est revenu à la gare de Perrache en 1973 après avoir remporté la Coupe, il y avait, allez, 150.000 personnes pour nous accueillir. C’était dingue. Je pense que Quevilly va réussir à envoyer 60.000 personnes au Stade de France, vous aller voir. S’il faut se méfier ? Oh la la ! Ce n’est pas une formule, je vous le dis sincèrement : je redoute ce match, les mecs de Quevilly vont avoir toute la confiance, ils vont survoler, d’autant qu’ils viennent d’assurer leur maintien en championnat.


Que pensez-vous que l’OL doive faire pour éviter les pièges quevillais dans lesquels l’OM et Rennes sont tombés ?

Contre Gazelec-Ajaccio en demi-finale, on a mal démarré, mais on est resté lucide (victoire 0-4, NDLR). Mais là, ça va être plus dur parce que Quevilly est une équipe joueuse. On doit faire un match très sérieux, on n’a pas le droit de faire un « non-match » comme contre Marseille en coupe de la Ligue. Les joueurs doivent se donner à fond, ils ont 90 ou 120 minutes pour se « mettre minable », jusqu’à en vomir leurs tripes s’il le faut.


Coupe ou championnat ?

Justement, vos joueurs veulent cette coupe, mais le président Aulas semble placer la priorité sur le championnat pour pouvoir jouer la Ligue des Champions. Qu’en est-il ? Le président l’a peut-être dit, mais je suis sûr qu’il n’en pense rien. Nous étions ensemble à Munich en fin de semaine dernière, et je peux vous dire que la coupe d’Europe féminine, on va tout faire pour la garder. J’ai remporté deux coupes de France, une en tant que joueur, l’autre comme dirigeant. Jean-Michel Aulas aussi en a gagné une. Vous ne pouvez pas savoir ce que c’est. OK, la Ligue des Champions on la joue depuis des années, mais le championnat ça va être dur parce que nos adversaires futurs jouent leur survie. Une finale de Coupe, ça se joue à fond… Mais notre équipe est imprévisible, comme Quevilly, d’ailleurs, c’est pour ça qu’il faut se méfier.


La Ligue a décidé de priver Quevilly de trophée des champions à New York en cas de victoire, réservant la compétition aux pros. Qu’en pensez-vous ?

C’est invraisemblable. Dans ce cas, il ne faut plus ouvrir la Coupe de France aux amateurs. Surtout qu’eux, s’ils gagnent, ils seront partis de plus loin que nous…

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