Mariee Sioux est déjà venue à Rouen, c’était en février 2009. Aux spectateurs présents ce soir-là, elle avait laissé un souvenir ému, une musique envoûtante et une voix hypnotique. Un savoir-faire qu’elle partage avec son amie d’enfance, une certaine Alela Diane… «Gift for the End», le nouvel album de Mariee Sioux, puise aux confins du folk natif son psychédélisme bienveillant : un canyon qui serpenterait entre les esprits de Joni Mitchell, Neil Young et Bonnie Prince Billy, vers une profonde musique du monde, mystique et ancestrale, américaine et voyageuse.
60 concerts en France
Depuis la sortie en France de son premier album «Faces in the Rocks», la jeune Californienne originaire de Nevada City a beaucoup tourné – une soixantaine de concerts en France, sur les routes avec Alela Diane ou Hope Sandoval (Mazzy Star) aux USA et en Angleterre -, elle a aussi participé aux tribute albums de The Cure («Perfect as Cat», sur Manimal Vinyl) et de Graham Nash («Be Yourself»sur Grass Roots Records/Coop) et enregistré une série de titres en duo avec Will Oldham (Bonnie Prince Billy) à paraître cette année. «Gift for the End» a été enregistré entre avril 2010 et août 2011 aux Moonsoon Studios de Placerville, et aux studios Sun Dial de Nevada City. Mariee Sioux a insufflé des mélodies complexes à son jeu traditionnel de guitar-picking, combinant les instruments les plus classiques et les moins conventionnels, s’autorisant ainsi une plus large exploration individuelle et émotionnelle. En comparaison à l’uniformité et la cohésion de «Faces in theRocks», «Gift for the End» apporte une grande variation de sonorités, d’univers et de thèmes. Celui des peuples natifs américains, symbolisé par les flûtes traditionnelles, se fait plus discret. Gift for the End est un album minéral. En l’écoutant on pense aussi à Enya, Linda Perhacs, Townes Van Zandt, Cocteau Twins, Kate Bush, Neutral Milk Hotel, The Pentangle, Jackson Browne…
› A l’Emporium Galorium, 151 rue Beauvoisine, Rouen, à 21h30. Tarifs : de 5 à 8 euros.