Le Premier ministre a remis la démission de son gouvernement au président sortant. Mais en quittant ses fonctions l’ancienne équipe gouvernementale laisse dans les tiroirs de multiples dossiers non résolus d’entreprises industrielles en grande difficulté notamment en Haute-Normandie.
Par exemple, contrairement à ce qu’avait affirmé M. Sarkozy le 25 avril sur France Info, le cas de la raffinerie de Petroplus Petit-Couronne n’est pas réglé : Les 550 salariés de l’entreprise sont toujours menacés ; la remise des offres des hypothétiques repreneurs a été repoussée au 25 mai par le tribunal de commerce. Dans l’Eure, la papeterie M’Real a vu son site fermer et le licenciement des 330 salariés se poursuit. Même incertitude pour les 550 salariés de Sealynx à Charleval ; après un dépôt de bilan, l’équipementier a été placé en redressement judiciaire.
Cette liste est hélas loin d’être exhaustive et de nombreuses autres entreprises sont à surveiller en raison de la méthode Sarkozy et de ses représentants de repousser les décisions, de mentir sur la réalité et de nier leurs responsabilités sur ces dossiers.
La tâche du futur gouvernement est immense. Il devra relever le défi de rendre plus performantes les capacités de réaction de l’Etat sans toutefois céder aux sirènes et aux logiques court-termistes. François Hollande l’a annoncé, il « ne fera pas du Legaby ».
Cela passe notamment par une réorganisation et une meilleure coordination des moyens et des dispositifs existants mais aussi par la nécessité de se doter de règles au plan européen et au plan national, auxquelles la majorité sortante s’est toujours opposée, pour résister face au démantèlement industriel et à la logique de prédation financière des multinationales.
En parallèle, il devra travailler à plus long terme sur des projets de réindustrialisation des bassins d’emplois. Dans cette perspective, il devra pleinement associer à la prise de décision les Régions, capitaines économiques des territoires, qui ont déjà engagé sur ce terrain de nombreuses initiatives.
C’est le sens des efforts de la Région Haute-Normandie avec la mise en place du Contrat Régional de Développement Economique (CRDE), la constitution d’une filière éolien offshore, l’Appel à projets Energies, notre participation à la constitution d’un fonds interrégional d’amorçage (FIRA) destiné à soutenir les entreprises innovantes, ou encore la mise en place d’un contrat «soutien PME emploi» en faveur des entreprises confrontées à la raréfaction du crédit bancaire.
La Haute-Normandie est lourdement frappée. La Région est prête, dans le cadre de ses compétences, à épauler le futur gouvernement dans sa mission de relance de la production et de défense des emplois industriels de notre pays. Reste que la mise en oeuvre d’une réelle stratégie nationale anticrise et de reprise par le nouveau gouvernement ne pourra être effective sans le concours et l’appui d’une solide majorité parlementaire. Cette dernière donnée, qui conditionne toutes les autres, dépend du choix de nos concitoyens les 10 et 17 juin prochains.