Marie-Claire Neveu, une jeune Rouennaise, auteure d'un conte social intitulé NinaMarie-Claire Neveu, une jeune Rouennaise, auteure d'un conte social intitulé Nina
Marie-Claire, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours ?
Marie-Claire Neveu : “Je viens de Rouen où j’ai grandi. J’ai étudié la production audiovisuelle à Roubaix puis à l’Ecole des Gobelins à Paris ainsi que l’écriture de scénario et la réalisation à USC School of Cinematic Arts à Los Angeles grâce à une petite bourse Fulbright. Aujourd’hui, je travaille à Paris, en cinéma, publicité, court-métrage… Sinon je voyage, beaucoup. J’essaie, au maximum de partir. Il n’y a pas de plus grande école que le voyage.
Je suis très curieuse, je suis une “éponge” et c’est par mon travail et mes écrits que je que tente de partager ce que j’ai absorbé et assimilé. Aujourd’hui je présente un livre, Nina. J’ai coréalisé l’année dernière un documentaire à travers l’Europe de l’Est jusqu’à Istanbul, coécrit des scénarios, régi un long-métrage, produit des courts-métrages… J’ai toujours besoin de m’épanouir dans un panel varié de projets, à partir du moment où je les concrétise, je les «accouche». Ce que je fais doit avoir du sens pour moi avant d’en avoir pour les autres. Je prends ce qui vient, quand cela vient, si je le sens. Je me spécialise peu à peu dans le monde de l’audiovisuel, je m’y épanouis beaucoup. C’est cependant un milieu où il faut avoir l’humilité de ne pas vouloir tout faire non plus, mais plutôt faire ce dans quoi on n’est pas trop mauvais ! Mais je ne me ferme pas dans une unique voie”.
Nina, c’est le nom du personnage de ce que vous présentez comme un conte social. Nina emprunte-t-elle des traits de votre vie ?
M-C.N : “En effet. Nina c’est un peu le volcan qui bout en moi à qui j’ai donné un prénom, un langage simple et une couleur naïve. Nina a les yeux grands ouverts sur le monde qui l’entoure, pointe ce que tout le monde voit et gratte là où ça démange. Nina s’attaque à la formidable capacité de l’Homme occidental à ne plus voir la misère, l’injustice et le non-sens ; à ne plus voir ce qui lui crève les yeux car si par malheur il osait agir, cela risquerait d’entraver son confortable quotidien. En fait, je ne supporte plus le défaitisme dominant du «C’est comme ça, on ne peut rien faire». Cette phrase répond surtout à un sentiment de dépassement, dû à une carence de connaissance, de bonne compréhension des tenants de ce monde. Tant que l’on ne comprend pas, il est impossible pour chacun de proposer pour avancer, juger et décider. J’ai voulu, avec Nina, partager un acte de remise en cause de nos modes de vie pour comprendre, cerner, choisir et avancer. Je ne suis pas une économiste, une politicologue, une spécialiste des marchés, une écologiste sur les devants de la scène ou encore une anarchiste. J’ai beaucoup lu, échangé. Je m’informe autant que je peux et j’ai la chance d’avoir le temps et de prendre le temps de le faire”.
Il est important que chacun soit apte à faire ses choix, de tout ordre, en cohérence avec ses valeurs, et surtout que chacun ait conscience qu’il peut choisir et que son choix compte. Nina parle simplement, elle est sincère. Nina c’est la petite voix, c’est l’enfant de chacun, c’est l’œil faussement naïf qui n’accepte pas qu’une mort soit une tragédie et que cent morts soient une statistique.
Votre formation est plus tournée vers l’image. Pourquoi, avec Nina, êtes-vous passée à l’écriture ?
M-C.N : “J’ai toujours beaucoup écrit. Dans le domaine de «l’image», je coécris des scénarios ou fais des relectures. Lire et relire, coécrire est un puits de richesses inépuisable qui me donne à voir et à comprendre davantage les clefs d’un bon scénario, d’une bonne histoire. Je n’avais jamais beaucoup montré mon travail jusqu’à il y a peu. Je l’ai montré avec Nina, parce que j’avais le sentiment que je tenais quelque chose de nouveau et parce qu’on m’a fait confiance. Nina est sortie en livre et c’est formidable. Aller au bout de ce projet et le rendre concret est un acte fort pour moi. Je compte bien, toujours, travailler dans l’audiovisuel, car c’est ce que j’aime faire et parce que je pense ne pas y être trop mauvaise ! Peut-être que Nina reviendra, peut-être qu’elle évoluera sous une autre forme, peut-être qu’elle restera unique sous cette forme de « conte social ». Qui sait ?”
Ce conte social pourrait-il dans l’avenir faire l’objet d’une adaptation cinématographique ?
M-C.N : “Cinématographique peut-être, mais je n’en suis pas certaine. Si Nina devait être portée à l’écran, je pense que l’animation serait un genre beaucoup plus approprié. J’ai travaillé un an dans ce milieu et il me semble en effet que cela serait le plus judicieux. Cependant, une adaptation théâtrale est la plus probable… L’idée est déjà venue plusieurs fois sur le tapis. Affaire à suivre… !”
Propos recueillis par Isabelle VILLY
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Marie-Claire Neveu, une jeune Rouennaise, auteure d'un conte social intitulé Nina
ature de Nina à la Librairie Chapitre. Mardi 29 Mai 2012, de 16h/16h30 à 19h, 1 place Colbert à Mont Saint Aignan. Le livre est disponible sur de nombreux sites internet spécialisés dans la vente de livres. Il est possible de le commander en librairie.