Des rois, une vache, une fille dans le ciel, des électrons libres, une sono mondiale, des cartons, une marquise, des expositions, une foire à tout, un cœur… Voici ce que pourrait donner le programme de la plus grande manifestation stéphanaise dans un inventaire à la Prévert. Les 2 et 3 juin, au parc Henri-Barbusse, l’éclectisme et la densité de la programmation sont au rendez-vous. Les rois de la Suède et Lussi in the sky font figure de têtes d’affiche pour le concert du samedi soir. Les premiers s’essayent à réinventer un humour rock qui grince aussi bien sur les inégalités sociales ("la fête chez les pauvres"), la société de consommation ("Nutelle-moi une dernière fois") que sur les chanteurs engagés… dans des causes qui ne fâchent personne. La seconde, Lussi, tout en voix grave et en gambettes, a fait ses classes dans le rock métal, puis à la Nouvelle star où elle a affirmé sa personnalité de rockeuse flashy et mis Philippe Manœuvre dans sa poche. Entre reprise tranchante de Led Zeppelin et sexy léger qui n’est pas sans évoquer le Niagara des années 1980-1990, la demoiselle étrenne les morceaux d’un EP cinq titres avant un album annoncé à l’automne. Dimanche, c’est un bal aux sonorités d’une mondialisation des cultures avec un Global qui donne à entendre des musiques de toutes les couleurs et invite à danser aux rythmes du boléro, du chacha ou du forro…
Sans compter les nombreux groupes qui vont défiler sur les deux scènes : la Fanfare Cuiv raï, qui jette un pont musical entre les deux rives de la Méditerranée, le rock de Tom Cactus ou celui des lazy buddies, le flamenco résolument contemporain et mélodique de Sonanta.
Côté déambulations et théâtre de rue, on retrouvera la compagnie Acidu avec un spectacle à la gloire des "Grosses légumes" et autres végétaux en péril le samedi, puis en très bonne compagnie le dimanche avec "La Marquise de Noutroy", sa chaise à porteurs, ses laquais. Vous risquez fort de croiser dans les allées de la fête "Les Trieurs publics", commissaires-rééducateurs — rien de moins ! qui ont pour mission de nous rappeler avec humour les fondamentaux du tri et de l’écologie. Et qui sait, de détecter quelques vocations de trieurs d’élite… La compagnie du Cercle de la Litote s’inscrit dans la continuité du travail mené et montré à Saint-Étienne-du-Rouvray autour des seniors et des relations intergénérationelles : la boutique des 1 001 ans ou l’inauguration subvertie de la résidence Michel-Grandpierre. Cette fois, c’est avec "J’ai oublié mes grands parents dans un carton" que la compagnie sottevillaise s’attache à la mémoire des objets laissés par nos vieux (dimanche à 11 heures et 16 heures).
On l’a compris : la fête et la citoyenneté font bon ménage à Saint-Étienne-du-Rouvray. Outre le traditionnel espace associatif, c’est autour du Projet de ville que les Stéphanais sont invité à dialoguer. Ils pourront notamment déambuler sur une photographie aérienne de 5 m sur 6 m qui permettra de survoler la ville et de découvrir les futurs aménagements possibles et les interrogations sur certains projets. Du côté du projet éducatif, chacun pourra écrire ou dessiner ses souhaits et envies sur une structure géante interactive construite autour de trois lettres du projet éducatif local (PEL). Enfin, l’engagement citoyen est mis en valeur avec une exposition photographique grand format inédite : les bénévoles associatifs vus par André Lejarre, du collectif Le Bar Floréal. Un photographe très largement reconnu pour son travail sur les réalités sociales et la solidarité, depuis les luttes des sidérurgistes de Lorraine au tournant des années 1970, aux défis de la rénovation urbaine vécues par les habitants, en passant par un long compagnonnage avec le Secours populaire.