Le jury présidé par Patrick Poivre d’Arvor a décerné le prix Maison de la presse 2012 à votre dernier roman. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Michel Bussi : C’est le 12e prix littéraire que je reçois mais celui-là revêt une importance particulière. Il n’est pas cantonné à un univers comme le polar ou l’édition régionale.C’est un des dix plus grands prix nationaux qui a, de surcroît, une dimension populaire. L’ouvrage couronné par ce prix est considéré comme le roman de l’été, destiné à être lu par tous. Il suffit de regarder les précédents lauréats pour être impressionné : Jean Teulé, Daniel Pennac, Régine Desforges, Barjavel…
Vos deux derniers romans sont de gros succès. Cela change-t-il votre vie d’écrivain ?
Je n’ai pas encore assez de recul concernant Un avion sans elle. Sorti en janvier, il s’est vendu à 15 000 exemplaires mais avec ce prix remis tout récemment, il va être diffusé partout, dans les gares, les aéroports, les maisons de presse. Un retirage de 40 000 exemplaires est prévu avec de la publicité.
Là, on n’est plus dans le bouche à oreille comme pour le précédent Nymphéas noirs qui a rencontré un beau succès critique. Je grimpe les marches les unes après les autres, en ressentant un peu plus de pression, mais c’est plus agréable que l’inverse. Je pense que le succès va me donner une plus grande liberté, d’autant que j’ai l’avantage de ne pas vivre de ma plume puisque j’enseigne toujours la géographie à l’université de Rouen.
Tous vos romans se situent, au moins en partie, en Normandie. Est-ce un choix pratique ou une véritable inspiration ?
Au début, la Normandie était une accroche forte car j’écrivais pour un éditeur régional. Aujourd’hui, c’est plutôt une marque de fabrique mais j’ai aussi envie de voyages. Le prochain roman que je prépare ne se situera pas en Normandie, hormis un rappel symbolique. Mais j’y reviendrai plus tard, pour une histoire qui sera plus forte dans des lieux que je connais bien.
A Rouen, vous êtes aussi connu pour vos analyses politiques. Cet univers entrera-t-il dans un futur projet de fiction ?
On écrit moins bien sur ce qui est proche de soi. Pour mes romans, je préfère m’intéresser aux domaines dans lesquels j’ai un regard neuf. J’aime me laisser surprendre. Dans Un avion sans elle, il y a beaucoup d’ingrédients : l’intrigue policière (sans flic, juste un détective privé), une romance, la satire sociale. D’autres genres me tentent aussi, notamment la littérature jeunesse ou la science-fiction.