COMMUNIQUÉ DE PRESSE :
L’article paru samedi dans Ouest-France et consacré à la fête et à
l’avenir de l’Ecole des Cormorans se termine par le point de vue de Mme
LEBON, maire-adjointe chargée des affaires scolaires à la Mairie de Caen.
Ce point de vue et les informations qu’il apporte implicitement est
intéressant mais demande quelques commentaires de complément.
Tout d’abord, notons que Mme LEBON renforce les craintes de APACHE-CNT
quant à la pérennité de l’école après la rentrée de septembre. Il s’agit
bien de vider cette école de ses élèves actuels ou à venir (en CP
notamment).
Pour Mme LEBON trois faits justifieraient cette volonté :
1- Il y aurait eu « une agression grave » sur un enseignant cette année.
Il y a bien eu menace d‘agression mais sans passage à l‘acte. Et ce genre
d’agression (verbale ou physique) sur les enseignant-e-s n’est pas
l’apanage de l’école des Cormorans, malheureusement. Ces incidents sont de
moins en moins rares dans les écoles du service public d’éducation de la
République. A notre avis, ils témoignent du désarroi, voire plus,
grandissant de la population (parents d’élèves ou autre) face à la misère
sous toutes ses formes (économique, sociale, affective etc..). Mais, que
l’on sache, ces agressions n’ont jamais débouché ni justifié une fermeture
de classes ou d’écoles.
2- Il n’y aurait plus « de mixité sociale » à l’école des Cormorans. Il
faut entendre par là que cette école serait devenue une école ghetto pour
les enfants du voyage. Là encore c’est en grande partie exact. Mais à qui
la faute ? Depuis des années, la Mairie de Caen qui reçoit (conformément à
la loi) les demandes d’inscription dans les écoles dirige systématiquement
les enfants dit « du quartier » des Cormorans (c’est-à-dire les
sédentaires habitant dans les pavillons et les immeubles) vers les autres
écoles de la Guérinière. L’effet mécanique, outre une baisse des effectifs
de l’école, est bien sûr la disparition de la « mixité sociale » qui
existait avant la mise en place de cette politique scolaire de la Mairie.
3- Pour Mme LEBON, la politique suivie par la Mairie, et décrite plus
haut, aurait pour but « la bonne réussite des enfants et leur sécurité »
en les intégrant « dans un milieu ordinaire normal » . Nous voulons bien
croire à la bonne volonté de la municipalité caennaise dans ce domaine.
C’est d’ailleurs le minimum que l’on puisse attendre d’élu-e-s de la
République. Encore faudrait-il que « cet accompagnement » soit réellement
mis en place et ne reste pas un vœu pieu comme c’est actuellement le cas.
Et, nous lui faisons remarquer que pour les voyageurs concernés le milieu
ordinaire normal est celui de l’école des Cormorans et qu’il ne dépend que
de la Mairie de Caen pour qu’il le redevienne complètement, même aux yeux
« normaux » des élus.
Pour l’instant, nous craignons que les projets actuels des élus caennais
débouchent sur une aggravation de la non-scolarisation des enfants de
voyageurs actuellement inscrit dans l‘école. Mais, peut-être, la
municipalité caennaise actuelle est-elle prête à assumer la responsabilité
de la déscolarisation des enfants du voyage déjà très importante ?
En conclusion, il nous semble tristement « amusant » de noter qu’il y a
une douzaine d’années, l’école élémentaire des Cormorans avait déjà été
menacée de fermeture par l’Inspection académique du Calvados. La CNT 14
avait alors contribué à sauver cette école avec l‘action collective des
parents d‘élèves voyageurs. L’honnêteté oblige à reconnaître que nous n’y
serions pas parvenu sans l’appui sans réserve de la municipalité (de
droite) de l’époque. En 2012, triste ironie, c’est une municipalité de
gauche qui menace la pérennité de ce qui reste de l’Ecole des Cormorans
avec la complicité de l’Education nationale.