Veules pendant la guerre

Côté Rouen : Le nom de Paul Le Trévier est désormais associé aux ouvrages régionaux traitant de la seconde guerre mondiale. Comment est née cette passion ?
– Paul le Trévier : Toute ma famille est originaire de Haute Normandie, plus précisément de Rouen, Dieppe et aussi Fécamp. Dans cette région, l’histoire est incroyablement riche et a pris lors de la seconde guerre mondiale une dimension singulière. Il n’y a pas une ville, pas même un village normand qui n’ait été marqué par ce conflit terrible.

– Deux tomes sur l’histoire de Veules pendant la guerre, 2 livres en 2 parties : l’une historique, l’autre laissant parler des objets d’époque. Pourquoi ?
– Les derniers livres que nous avons réalisés avec Marc Tabone donnent une part essentielle aux objets de sa collection. Un objet c’est un «témoin» à part entière ; une arme, un casque, un ceinturon ont participé pleinement aux combats. Si on parvenait à faire «parler» ces objets, ils vous diraient «J’y étais!». Et c’est ce que nous tentons de faire : leur donner la parole. J’ajouterai que cette démarche est aussi une volonté de faciliter l’accès aux événements historiques, de les rendre plus concrets donc plus simples à appréhender. C’est aussi une démarche qui tient du pédagogique : l’histoire ne peut pas rester seulement une affaire d’initié ; elle doit parler à chacun d’entre nous.

– Après avoir été un Dunkerque normand, Veules a été libérée facilement par la 51e écossaise en 1944. Mais en 4 ans, se sont passées beaucoup de choses.
– Il’est vrai que Veules a été un théâtre d’opérations très important. Le 12 juin 1940, alors que 5 divisions alliées sont capturées dans l’étau des divisions blindées allemandes, plus de 3.500 soldats parviennent pourtant à échapper à la capture. A Veules comme ailleurs, l’Occupation sera extrêmement lourde. Ce que je retiendrai, c’est l’étonnante solidarité entre Veulais, ce sens de l’entraide qui permet de surmonter tant de difficultés. Je voudrai aussi citer l’héroïsme «naturel» d’habitants du village qui vont cacher et nourrir durant 7 mois un groupe de 6 soldats britanniques. 5 de ces personnes vont connaître la déportation et l’une d’elles succombera en captivité en mars 1942. Solidarité, Résistance… c’est le sens de tels mots que l’Histoire nous enseigne!
Propos recueillis par T.C.

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