http://www.estrepublicain.fr/environnement/2012/04/01/le-diesel-trop-pollueur
Le diesel émet du dioxyde d’azote.
Haro sur le diesel ! La répétition ces derniers jours de pics de pollution autour des grandes agglomérations françaises a focalisé l’attention sur le nombre important de moteurs fonctionnant au gazole dans le parc automobile français.
Réputé pourtant meilleur pour le climat que le moteur à essence en générant moins de CO2 au kilomètre, le diesel présente en effet d’autres inconvénients.
Il émet notamment un gaz, le dioxyde d’azote (NO2), responsable de maladies respiratoires et cardio-vasculaires, relève Karine Léger, adjointe au directeur d’Airparif, l’association de surveillance de l’air. Qui a établi que le trafic routier génère environ 45 % des particules fines présentes dans l’air francilien. Polluants provenant pour moitié des pots d’échappement des particuliers roulant au gazole.
En France, le diesel équipe près de 60 % du parc automobile aujourd’hui, contre à peine plus du quart en 1995. « L’élément majeur, au-delà d’une consommation un peu inférieure, reste le coût du gazole, qui est moins cher que l’essence », rappelle Bertrand Rakoto, analyste du cabinet spécialisé Polk.
Bien que plus coûteux à produire, le gazole sort moins cher à la pompe grâce à une fiscalité allégée. Les constructeurs en ont profité.
Ils « ont investi massivement dans la recherche sur les moteurs diesel pour développer ce marché », poursuit Bertrand Rakoto.
Exclus des villes ?
Peu à peu des progrès ont été faits en matière de performance et de « propreté » avec des systèmes de filtration de plus en plus efficaces pour éliminer les fumées noires crachées par les pots d’échappement. Et se conformer à des normes européennes de plus en plus exigeantes.
La France, dans le contexte du Grenelle de l’environnement, a par ailleurs pris des mesures supplémentaires visant à favoriser l’achat de véhicules plus « propres », mais le seul critère retenu a été celui des émissions de CO2. Résultat : « Le cumul du bonus-malus et de la prime à la casse ont incité les gens à acheter des petites voitures… diesel », souligne le porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobile (CCFA), François Roudier. Ce bonus-malus a d’ailleurs été récemment critiqué par la Cour des comptes pour « son bilan environnemental contesté ».
« Il faut que l’automobiliste paie le diesel à son véritable coût », réclame de son côté Michel Dubromel, de France Nature Environnement (FNE). Qui souhaite même que les diesels les plus nocifs fassent partie des véhicules exclus des villes à l’occasion de l’expérimentation, à partir de 2013, de zones réglementées dans huit agglomérations françaises.