Jean Maurel met les voiles, le Havre en deuil

Photo : Alexis Courcoux

Photo : Alexis Courcoux


Le navigateur français, Jean Maurel, qui avait remporté de nombreuses courses au large en monocoque comme en multicoque dans les années 80 et 90, est décédé dimanche soir à l’âge de 51 ans. Né le 10 novembre 1960 à Nantes (Loire-Atlantique), il avait notamment gagné la Transat AG2R en double avec Jean-Luc Nélias en 1989 et la Twostar avec Michel Desjoyeaux, en 1990. ‎
Il avait ensuite décidé de remiser son ciré de coureur au large pour endosser le costume de directeur de course. Une décision sans doute due en grande partie à la tragique Transat Jacques-Vabre 1999 (Le Havre-Carthagène), au cours de laquelle il chavira à bord de Groupe André, perdant en mer son coéquipier et ami Paul Vatine.
Lors de cette épreuve, le 21 octobre 1999, le voilier “Groupe André” chavirait au large des Açores. Paul Vatine avait alors disparu en mer et Jean Maurel avait été repêché par un cargo.
Depuis 2005, il était le directeur de course de la Transat Jacques-Vabre, qui prend son départ au Havre. Il était également organisateur de la Route du Rhum depuis 2006 (course à laquelle il avait participé à trois reprises). Ses obsèques devraient se dérouler à La Baule, en Loire-Atlantique, vendredi prochain.


« Un ami du Havre et des Havrais »


La réaction du maire du Havre, Édouard Philippe :
« Jean Maurel nous a quittés ce dimanche. Navigateur hors pair, il  était depuis de longues années un ami du Havre et des Havrais. Avec Fred Dahirel, il avait remporté la première édition de la Transat Jacques-Vabre en 1995, dont il était devenu le responsable en 2005 C’est sur cette même transat qu’en 1999, il avait connu le pire drame que peut avoir à affronter un marin : perdre son co équipier, lors de la disparition en mer du havrais  Paul Vatine. Son professionnalisme, sa disponibilité, sa gentillesse resteront gravés dans la mémoire de tous ceux qui avaient eu la chance de le cotoyer. Toutes mes pensées vont à ses proches, à sa femme Nathalie et à ses deux filles. »


• La réaction du navigateur Normand, Halvard Mabire :
« Jean appartenait comme moi à l’ancienne génération, celle des coureurs qui devaient savoir tout faire sur un bateau. Il était doué, très doué. C’était un marin complet, doté d’un gros bagage technique. Il était remarquablement structuré intellectuellement, ce qui lui a permis de réussir aussi en tant que directeur de course sur les transat Jacques-Vabre ou Figaro. Nous avons eu un peu le même parcours. Nous avons tous deux débuté en monocoques IOR avant de connaitre les évolutions des multicoques. Nous avions été dans tous les coups “fumants” de l’épopée des catamarans  Formule 18, avec tous ces raids en mer de Chine et ailleurs.  Mais Jean était un mec bien, capable de parler d’autres choses que de bateaux. il s’intéressait à tout. Il était aussi convivial et fraternel à terre que sérieux et appliqué en mer. Je suis triste, et je regrette de ne pouvoir être en France près des siens… (en escale à Portland dans le Maine (USA) avec son monocoque Class 40 « Campagnes de France », il prépare actuellement la Transat Québec Saint-Malo) »



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