Ils partagent tous deux un goût immodéré pour l’écriture et la composition de musiques industrielles. Le Havre est pour chacun un lieu d’inspiration jamais épuisé. Eux, ce sont Ludovic Lavaissière, le Havrais et Richard Tabbi, le Marseillais. « Moi et ce diable de blues » les a réunis enfin dans un projet commun : l’écriture à quatre mains d’ « une sorte de thriller » totalement irrévérencieux où le Lieutenant Valdès, fameux personnage principal, mène l’enquête à grands coups de déprime et de bonnes rasades de whisky, sur la piste d’un tueur adepte de rituels barbares.
« Le Havre constitue un bel emballage à l’intrigue », développe Ludovic, « nous lui avons imaginé des lieux interlopes, des hyperboles de lieux que nous avons pu connaître par le passé ». Noire et blafarde est la ville ; le texte qui l’habille, ciselé avec soin pour imbiber le lecteur – et ce, dès les premières pages du livre – d’une atmosphère qui dérange. « Ce qui nous importait était moins l’histoire que le style. Nous l ‘avons énormément travaillé ».
Objet d’échanges réguliers entre le Havre et Marseille pendant près de deux ans, « Moi et ce diable de blues » a permis à ses deux auteurs « d’effacer leurs propres figures de style pour accoucher d’une 3e voix ». Une voix qui s’encanaille d’un argot que n’aurait pas boudé Audiard.
Mais, en termes de référence, le duo cite spontanément Ken Bruen, James Crumley ou encore Richard Brautigan et son livre culte « Un privé à Babylone ». « Ce sont les personnages foireux qui nous intéressent », commente dans un sourire, Ludovic, « j’ai donc pris un immense plaisir à pousser Valdès dans ses extrêmes et dans ses outrances ».
Karine Lebrun