Braquage du crédit municipal de Rouen : où en est l’enquête ?

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Les malfrats ne s’étaient visiblement pas attaqués à cet établissement de prêt sur gage rouennais par hasard. En avril 2010, le bâtiment, en travaux, était caché par des échafaudages.
Ils avaient enfermé les trois employés et un client dans la salle des coffres, avant de dérober pour plus de deux millions d’euros de bijoux ! 1 260 victimes ont été recensées. Plus de deux ans après ce retentissant braquage, elles n’ont toujours pas récupéré leurs bijoux.
De nombreuses familles rouennaises avaient laissé leurs bijoux en gage au crédit municipal. Elles ont été rapidement indemnisées, mais pas à la hauteur de ce qu’elles escomptaient. Trois clientes de l’avocat de Rouen, Me Guillaume Bestaux, se sont pourvues en cassation dans cette affaire après avoir été déboutées en janvier 2011 par le TGI de Rouen, puis en appel. Des dizaines d’autres victimes, elles, ont abandonné ce marathon judiciaire, « car elles n’avaient pas les moyens d’engager des frais de procédure », regrette Me Nadia Lebeche, avocate à Rouen, qui accompagne de nombreux clients du crédit municipal.
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Le tribunal s’est appuyé sur l’application très stricte du Code monétaire et financier, sur lequel s’est basée l’assurance pour indemniser les victimes. Mais les victimes estiment notamment que la valeur de leurs bijoux aurait dû suivre l’augmentation du prix de l’or, qui n’a cessé de grimper ces dernières années.
Quatre hommes ont depuis été arrêtés en possession de plus de 21 kg de bijoux en or à la frontière italienne. La SRPJ de Rouen a mis en ligne plus de 200 photos, les victimes ont reconnu leurs biens… mais ne les ont toujours pas récupérés ! Et les suspects, eux, ont été libérés !
L’un des quatre individus arrêtés en Italie a même été exécuté, de deux balles, dans un bar de Seine-Saint-Denis, en novembre dernier, a révélé, ce vendredi, le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France
« Les bijoux sont encore en Italie. Ils pourraient être rapatriés après l’audience… Restera alors la question de la revendication de ces bijoux par la compagnie d’assurance qui a déjà indemnisé maigrement les victimes », soupire Nadia Lebeche, expliquant que les victimes « en veulent à la justice de les avoir méprisées et laissées dans des situations très difficiles, alors que les bijoux étaient retrouvés ».



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