Titre japonais : 深夜食堂
Nombre d’épisodes : 10
Diffusé en : Automne 2009
Chaîne de diffusion : TBS
Fiche : DramaWiki

Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans mon top des drama qu’on m’a donné envie de regarder, c’est Livia et ladyteruki qui ont attiré mon attention sur ce délicieux drama diffusé juste avant que je commence à faire sérieusement mes repérages saisonniers et que je n’avais pas eu l’occasion de repérer par moi-même.
Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par parler du générique d’ouverture du drama. Déjà parce que je l’ai visionné avant de commencer à regarder la série et qu’il a achevé de me convaincre, et surtout parce qu’il tient une place très particulière. Avec ses vues nocturnes de Shinjuku, il pose tout de suite l’ambiance du drama ainsi que le contraste qui existe entre la ville moderne illuminée par les néons et les phares des voitures et le petit restaurant au fond d’une ruelle où le temps semble s’être arrêté.
En voyant épisode après épisode les mêmes rues, les mêmes passerelles puis les mêmes gestes répétés par le patron qui prépare un plat et ouvre sa boutique, on sent qu’on est en plein dans le quotidien et la tranche de vie. Et puis il y a cette si jolie chanson, dont les premières notes de guitare arrivent quelques secondes après les premières images et qui est chantée d’une voix très mélancolique.
Enfin, ce générique de début contient un vrai petit résumé de la situation, fait par le patron lui-même :
C’est au moment où les gens se pressent pour rentrer chez eux après avoir fini leur journée que la mienne commence. J’ouvre de minuit à sept heures du matin environ. Il n’y a que peu de choses au menu, mais je réponds autant que possible aux commandes personnelles des clients. C’est comme ça que mon commerce fonctionne. Les gens l’appellent le restaurant de minuit.*
Et d’ailleurs, c’est bien tout ce que vous saurez vraiment sur lui. Car une fois le générique terminé, une fois le restaurant ouvert, ce « Master » dont on ne sait même pas le nom s’efface au profit des véritables personnages principaux du drama : les cliens du restaurant et leur nourriture favorite, toujours liée d’une manière ou d’une autre à leur histoire personnelle.


Dans ce miniscule restaurant au coeur de cette gigantesque ville qui ne dort jamais tout à fait, des personnes d’horizons très différents qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées ailleurs se côtoient. Le Shinya shokudô est le lieu où se rencontrent le salaryman qui a loupé le dernier train, le vieux patron gay du bar voisin, une jeune chanteuse d’enka qui ne rencontre pas le succès, un trio d’employées de bureau éternelles célibataires ou le patron d’un gang de yakuzas. Leur seul vrai point commun est certainement d’avoir atterri par hasard dans ce restaurant qui ne figure certainement pas dans les guides gastronomiques.
Chaque épisode dresse le portrait d’un de ces clients, associé à un plat aussi simple que bon. Le schéma n’est pas trop rigide étant donné qu’on a l’occasion de recroiser un certain nombre de ces personnages par la suite, ou bien qu’on les rencontre une ou deux fois avant que ce soit leur tour d’être au centre d’un épisode. Le côté un peu marginal qu’ont certains personnages casse complètement l’image d’homogénéité qu’on a si facilement de la société japonaise, et c’est un véritable bonheur d’apprendre à connaître chacun. Ce qui leur arrive n’est jamais vraiment gai, mais la dramatisation n’est jamais de mise. Au contraire, l’humour n’est jamais bien loin, et cela donne une ambiance douce-amère unique en son genre. On a presque l’impression d’avoir affaire à des contes.


Les personnage hauts en couleurs, l’alternance entre l’intimité du restaurant où l’on a l’impression d’être pour de vrai et les scènes nocturnes ou diurnes en extérieur donnent au drama une grande diversité, et le format de 25 minutes est parfait. L’unité est assurée par le Master, qui fait le lien entre tout ce petit monde. Pas très bavard, toujours en train de lire le journal en fumant quand il n’est pas occupé à préparer à manger, il fait pourtant beaucoup pour ses habitués. Kobayashi Kaoru a beaucoup de présence et rend le personnage très attachant.
Parmi les clients du Shinya shokudô, on peut retrouver Matsushige Yutaka (Tentai kansoku, Haikei Chichiue Sama, Hachimitsu to Clover, Fumo chitai, Atami no sousakan), Tabata Tomoko (Tentai kansoku, Kyôgû), Odagiri Joe (Fukigenna Gene, Tentai kansoku, Jikou keisatsu, Atami no sousakan), qui reste bien mystérieux, ou encore Tanaka Kei (Slow dance, Joudan ja nai!, Ohisama, Watashi ga renai dekinai riyuu). Parmi les acteurs que je ne connaissais pas, j’ai beaucoup apprécié Ayata Toshiki et Andô Tamae.


Avec l’omelette à la japonaise, l’ochazuke, les saucisses découpées en forme de poulpe, les sandwiches à l’oeuf, ou la salade de pommes de terre, le drama nous montre encore une fois à quel point les Japonais savent parler de nourriture et la mettre en scène. On a certainement tous un plat ou un aliment que l’on associe à un souvenir particulier ou à une période de notre vie, et j’aime beaucoup cette manière de présenter les choses. Des plats simples mais délicieux pour des histoires simples mais touchantes. Mieux vaut ne pas avoir le ventre vide en regardant le drama !


Petit bonus qui achève la recette unique de Shinya Shokudô: à la fin de chaque épisode, on retrouve le personnage qui était au centre de celui-ci avec le Master pour un cours de cuisine express sur le plat vedette du jour. La bande sonore est composée de jolis morceaux où la guitare domine, discrets mais très efficaces. Et je ne peux m’empêcher de redire que la chanson de l’opening est superbe ! Pour l’ending, on a le droit à un titre plus rock et au rythme plus soutenu, et j’ai trouvé que le contraste était réussi.


Shinya Shokudô est un véritable petit délice qui est bien vite terminé même si on essaie de le consommer avec modération. Heureusement qu »une deuxième saison a déjà été faite ! Et c’est bien parce que j’ai trop de drama en cours que je ne l’ai pas encore commencée. Et comme il semble qu’il reste du contenu dans manga original (que j’ai évidemment envie de lire, mais il y a 36000 manga que j’ai envie de lire, qu’ils soient dispo en français ou pas…), on peut peut-être même espérer une troisième saison ! De la tranche de vie dans toute sa splendeur à déguster d’urgence ^^.
