Cour d’Appel de Rouen : L’avocat général admet l’irresponsabilité pénale d’une mère infanticide

(fil-fax 14/06/12)

Devant la Chambre d’instruction de la cour d’appel de Rouen, l’avocate générale Myriam Verdier s’est prononcée mercredi en faveur d’une « hospitalisation d’office » et au long cours de Claire Simon, 42 ans, qui a poignardé à mort sa fille Rose âgée de 5 ans le 12 mai 2010 à La Bouille. La magistrate s’en est remise aux conclusions des deux collèges d’experts psychiatres qui ont successivement conclu à l’irresponsabilité pénale et à l’abolition du discernement de la mère infanticide au moment des faits. L’affaire a été placée en délibéré au 28 juin.

Le soir du drame, Rénald Magnier, compagnon de la mère et père de la jeune victime avait été le témoin direct du meurtre. « J’ai entendu un râle terrible dans la chambre et j’ai découvert l’horreur » se souvient-il. « J’ai vu une mère tuer mon enfant. Rose s’est débattue. Aujourd’hui je reconnais la maladie de Claire. Pour moi elle n’est pas seulement malade mais handicapée mentale. Je lui reproche seulement dans ses moments conscients de ne pas avoir parlé de l’évolution de sa maladie à ses médecins. Elle a réussi à détourner 15 psychiatres en 5 ans », a-t-il déclaré à la barre.

En 2005 Claire armée d’un couteau avait déjà agressé son mari. Claire avait été ensuite hospitalisée à trois reprises, à chaque fois sur de courtes périodes. Au domicile familial, les traitements médicamenteux semblaient tenir en laisse ses délires obsessionnels. En réalité, note le docteur Pierre Legrand, s’installait en elle « une profonde psychose dissociative chronique ». Six mois avant le meurtre cet « état délirant progressif » la poussera « clandestinement » à ne plus prendre ses médicaments. « Dans ces situations on a 90 chances sur 100 de rechuter dans les mois qui suivent l’arrêt des médicaments », a souligné le médecin.

« On ne juge pas les fous. Je suis le premier à le dire », a rappelé Me Fabien Picchiottino pour la partie civile tout en regrettant que l’entourage immédiat de Claire et à fortiori son mari n’ait pas été alerté, « au nom du secret médical », sur l’importance de veiller à ce que les traitements soient suivis à la lettre.

« Quelle que soit notre place dans cette affaire nous sommes tous tenus à un travail de justice », a rappelé dans sa plaidoirie l’avocate de la défense Me Dominique Vallès. « Aujourd’hui Claire vit repliée sur elle-même, emmurée dans sa maladie et dans sa souffrance. On ne peut pas juger quelqu’un qui n’avait pas la compréhension de ses actes et quelqu’un qui ne peut pas juger de la gravité de son état », a ajouté l’avocate.

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