Seules 5 sirènes sur 22 ont retenti.
Habitant sur un territoire industriel, j’ai toujours pensé qu’une catastrophe pouvait intervenir, mais ce danger était virtuel et digne d’un mauvais scénario de science-fiction. Pourtant, ce jeudi, la fiction a rejoint la réalité. 21 heures : l’alerte angoissante retentit dans les rues de la ville basse. Mes amis et moi nous regardons, interpellés. Que faire ? Est-ce bien cette fameuse alerte à laquelle nous ne prêtons guère attention, lorsqu’elle résonne le 1er mercredi de chaque mois ? Je lis l’affolement sur le visage de mon amie qui, en maman attentionnée, porte son regard sur la chambre où dort Félicie.
Les gestes qui sauvent
Ayant écrit récemment un papier sur les consignes à respecter en cas d’alerte, je donne fébrilement quelques directives : « Il faut obstruer les portes et les ventilations, fermer les fenêtres et se confiner dans une pièce. » On cherche du scotch partout pour isoler les lieux, mais le rouleau adhésif arrive en fin de course et ne pourra pas nous sauver. L’affolement est palpable et le sang-froid proche de zéro.
Je me souviens alors qu’il faut écouter la radio, France Bleu ou France Inter, mais dans la panique, on n’arrive pas à trouver la station. Les recherches internet sont vaines et on ne peut joindre la police municipale. Ces minutes semblent une éternité où l’on se croit dans un mauvais film.
Puis, la sirène cesse et la vie semble reprendre. Ouf, on l’a échappé belle. L’espace de dix minutes, les rues se sont figées, la circulation arrêtée, les passants évaporés. On a alors réalisé que le risque était bien présent sur notre territoire et que nous n’étions pas en mesure d’avoir la réaction adéquate. On récapitule : il faut se confiner, ne pas téléphoner et ne pas encombrer les lignes, écouter France Bleu Haute-Normandie ou France Inter, en attendant les consignes. Ce jeudi, au Havre, c’était un remake de « Peur sur la ville ».
S.B.