Crédits photo : Fonds Hermant
Le Havre, ville d’art et d’histoire, en partenariat avec l’UNESCO :
” À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, près de dix millions d’Européens sont sans logement ; un grand nombre de citadins se réfugie dans les cités provisoires construites aux côtés des villes en ruines. Ces logements offrent le strict minimum.
En 1944, la conception initiale de l’abri pour soldat évolue en s’associant au confort de la maison individuelle. Les sinistrés se retrouvent donc dans les “baraques” en planches, diffusées par le Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme (MRU), quelques chanceux ayant accès à des maisons préfabriquées importées des États-Unis, de Suède, ou d’ailleurs. Il faut souvent se contenter de solutions précaires en attendant la reconstruction définitive.
Aujourd’hui encore, d’importantes traces subsistent dans l’agglomération havraise et offrent un étonnant échantillon d’exemples internationaux : baraques françaises, chalets suédois, finlandais, autrichiens, canadiens, ou maisons américaines.
En attendant la reconstruction
Les espaces provisoires sont vécus comme des espaces intermédiaires côtoyant ruines du passé et projets modernes. Pour les désigner, un vocabulaire concentrationnaire fait ressurgir les traumatismes de la guerre : “camp”, “baraquement”, “transit”. Contrairement à l’agréable perspective offerte par le mot “reconstruction”, l’architecture d’urgence est bien moins séduisante, l’histoire du provisoire reste donc à écrire.
En France, après la Seconde Guerre Mondiale, Près de 450 000 logements sont détruits, faisant deux millions des sans-abri. Il faut alors appliquer la solution du “système D” et trier les matériaux parmi les ruines pour bâtir des “maisons catastrophes”. Les obstacles économiques et matériels sont grands et seuls 130 000 baraques sont mises à disposition entre 1945 et 1950. Initialement prévues pour résister peu de temps, la durée de vie des cités provisoires est prolongée par manque de logements : près de 25 000 de ces baraques sont toujours en place au début des années 1970.
Témoignages d’ici et d’ailleurs
Considérées comme “propriété de l’État”, les baraques “de qualité très variable” sont attribuées après une sélection drastique. Lorsque la reconstruction s’achève dans la seconde moitié des années 1950, les victimes des bombardements sont relogées et les cités accueillent désormais les “sinistrés de la vie”.
La vie en cité provisoire a marqué toute une génération au sein des villes bombardées. Des éléments récurrents forment un paysage mémoriel : murs en planches et meubles de sinistrés, lessives en commun, émanations de goudron ou de grésil. Pour beaucoup, ces cités provisoires figurent une reconstruction parallèle dont la destruction et l’effacement historique vont finalement réitérer le traumatisme des bombardements. “
“Habitat d’urgence, les habitations provisoires au Havre, 1945-1964″, du 23/06 au 23/09 au Havre.
L’exposition se déroulera à deux endroits :
Maison du Patrimoine – Atelier Perret : 181, rue de Paris au Havre.
Tél : 02 32 22 31 22. Ouverture au public en juin et septembre :
du lundi au samedi de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h, le dimanche
de 13 h 30 à 17 h. En juillet et août : du lundi au samedi de 10 h à 19 h,
le dimanche de 13 h 30 à 18 h.
Appartement témoin Perret accessible uniquement avec un guide-conférencier :
ouvert les mercredis, samedis et dimanches à 14 h, 15 h, 16 h et 17 h.
Du 25 juin au 21 septembre : visites supplémentaires les lundis, mardis,
jeudis et vendredis à 14 h et 15 h. Ouverture exceptionnelle les 14 juillet
et 15 août. Point de rendez-vous : Maison du patrimoine – Atelier Perret.