Cette fois-ci les choses sérieuses commencent. La semaine dernière l’assemblée accueillait les nouveaux venus. On procédait aux élections dans les différentes commissions. Les députés se choisissaient un président. Bref c’était l’installation, l’acte I de cette nouvelle législature. Aujourd’hui avec le discours de politique générale du premier ministre Jean-Marc Ayrault, on rentre dans le vif du sujet. Il nous a livré la feuille de route, donné un cap et tracé les arêtes d’une action résolument tournée vers le redressement de la France. Pas n’importe quel redressement. Le redressement de la France dans la justice. Ou comment tourner le dos à dix ans de majorité de l’ump favorables aux plus nantis et symboles de tant d’injustices. Le redressement aussi car notre pays va mal. La situation financière est très mauvaise. Même si le premier ministre s’est refusé à faire le procès de l’héritage, on a encore en mémoire l’aveu de François Fillon qualifiant la France de pays en faillite. C’était en 2007 avec 1200 milliards de dettes. En 2012, avec 600 milliards de dettes en plus, le constat n’est que plus accablant. Mais comme Jean-Marc Ayrault l’a dit, nous ne sommes pas là pour trouver des excuses mais pour donner des solutions. Pendant plus d’une heure il s’est donc employé à redire les engagements de François Hollande, à leur donner un calendrier et à en préciser les contours. Il n’y aura aucun renoncement. Même si les temps sont durs, le président a été élu pour agir pour tenir ses engagements. La droite, souvent arrogante, a raillé le premier ministre. Elle oublie un peu vite sa responsabilité dans les affaires du pays et manque pour le coup de sens des responsabilités. Elle annonce une droite revencharde et amnésique. Le congrès de l’ump va sans doute inciter la plupart d’entre eux à rivaliser dans la formule choc contre la gauche pour décrocher le titre du meilleur opposant. Leur attitude de cet après-midi laisse augurer le pire. La majorité ne s’est pas laissée distraire et elle a accordé un beau vote de confiance au premier ministre et à son gouvernement. Aujourd’hui j’avais malgré tout un peu la tête ailleurs. Au moment où je m’installait dans l’hémicycle commençait à Saint-Marguerite-sur-Duclair l’inhumation de Jacques Tiphagne. Jacques était un ami et un militant de la première heure. Maire de cette commune pendant de longues années avant de céder sa place à Patrick Simon, il a laissé son empreinte sur le territoire. Respecté pour se droiture et son honnêteté, craint pour sa vivacité d’esprit et la force de ses convictions, c’était une figure locale. Un grand Monsieur comme on dit souvent à la campagne. De gauche depuis sa prime jeunesse, il a su faire progresser ses idées dans un canton longtemps méfiant à l’égard des socialistes. Avec Charles Carré, c’était un pionnier. Militant infatigable, il suivait l’actualité politique même quand la maladie le faisait souffrir ou l’empêcher de venir à des réunions. Il n’hésitait jamais à m’interpeller quand un sujet le préoccupait. J’avais beaucoup de respect et d’admiration pour lui. Je suis sûr qu’il m’aurait parler de ce discours de politique générale, le décortiquant avec le regard avisé d’un homme qui en avait vu passer beaucoup d’autres. Son regard me manquera.