• Jean-Jacques Brocher, comptable, 58 ans
Jean-Jacques Brocher : il a compté les jours et les mois qui l'ont séparé de la reprise du travail.
De 1992 à 2009 Jean-Jacques Brocher a travaillé comme chef comptable dans une entreprise en avitaillement de navires… qui a fermé. Il est demeuré deux ans et demi sans emploi. Il avait pourtant effectué toutes les démarches classiques : « J’ai fait marcher mon réseau, envoyé lettres et CV, me suis inscrit dans les agences d’intérim et sur les sites emploi d’internet. Aucun résultat probant. » Pendant quelques heures par mois, il faisait la révision comptable d’un garage. « Ça me permettait de rester en contact avec la profession, de suivre l’évolution des réglementations. » Il avait eu quelques entretiens : « J’ai le sentiment que mon âge a été un frein : les employeurs hésitent à engager quelqu’un pour quelques années seulement » Il travaille actuellement pour le compte de la Soget. « J’ai fait connaissance avec mes futurs collègues au cours d’une EMT (évaluation en milieu de travail) de trois semaines. Mes recruteurs se demandaient si j’accepterais d’être commandé par quelqu’un de plus jeune que moi. De mon côté je me demandais si je pourrais reprendre le rythme. Nos inquiétudes de part et d’autre se sont vite dissipées. Je travaille dans un service qui voit tout le monde passer. Beaucoup de trentenaires. Il y a une bonne ambiance. J’ai découvert un nouveau logiciel de gestion. Vraiment un bel outil… » Jean-Jacques Brocher est satisfait, ça se voit. « Mon conseil : qu’on aille bien ou qu’on aille mal, poursuivre les démarches, pas se renfermer, pas avoir honte. Malheureusement nous ne sommes pas des cas isolés. »
• Jean-Paul Leprêtre, chauffeur de car, 58 ans
Jean-Paul Leprêtre : un virage à 180° ne lui a pas fait peur.
Il a commencé à travailler à l’âge de 14 ans comme compositeur typographe. Il a connu le plomb, la photocomposition et la PAO, travaillé dans diverses imprimeries. Un jour, sa spécialité de monteur copiste est devenue caduque. « J’ai été remplacé par une machine… » Il a été licencié à l’âge de 55 ans . « J’ai d’abord pensé que je ne travaillerai plus jamais – dans l’imprimerie c’était sûr -mais administrativement, il me manquait quatre trimestres pour ma retraite. J’ai cherché ce que je pouvais faire. J’avais passé mes permis poids lourds et transports en commun à l’armée J’ai fait des candidatures spontanées pour conduire des navettes entre aéroports. » Il a d’abord trouvé un mi-temps : du ramassage scolaire pour le compte d’un IMP. Et puis les cars Périer l’ont appelé… « J’avais 58 ans quand j’ai retrouvé du boulot. Comme tous les conducteurs de cars j’ai passé une visite médicale et suivi la FCO (formation continue obligatoire) pendant une semaine. Actuellement je suis en CDI. ». Parfois il emmène des scolaires à la piscine ou au spectacle. D’autres fois, il embauche à 3 h 30 pour conduire les salariés du quart du matin sur leur lieu de travail.
« Les clubs 50 »
Des cercles de recherche d’emploi réunissant exclusivement des personnes de plus de 45 ans sont organisés régulièrement sur Le Havre. Pendant quatre à six mois, les participants se réunissent une fois par semaine, expliquent leur situation, leurs objectifs, échangent sur leurs démarches. Tous étant dans la même situation, parlent à égalité et s’expriment comme ils l’entendent. Le groupe travaille à sa dissolution… Le réseau des uns devient celui des autres. Outre les démarches classiques, les participants enquêtent sur les métiers en tension et rencontrent divers acteurs institutionnels (publics, privés, associatifs), parties prenantes du marché de l’emploi. Sur l’ensemble des sessions, le taux moyen de placement, pendant ou après le club, est de 50%.
• « Club 50 » Pôle emploi Mont Gaillard 5, Rue Miroglio 76600 Le Havre
Tél. : 02 32 74 75 74. Animatrice : Yvette Lang • Email : yvette.lang@pole-emploi.fr