Point statistiques Rouen 2012

En 2012, 
la commune de ROUEN compte 111 000 habitants, 
son agglomération – la CREA – 495 000, 
son unité urbaine, 464 000 habitants, 
son aire urbaine, 650 000 habitants
sa zone d’emploi, 820 000 habitants.
Ce qui fait de Rouen de loin la première agglomération de Normandie et la 12ème agglomération française, derrière Rennes et Grenoble mais devant Toulon et Montpellier.
Pour rappel, si les communes du Havre et de Caen font respectivement 180 000 et 110 000 habitants, leurs aires urbaines respectives comptent moins de 300 000 et de 400 000 habitants. 
Ainsi, Rouen+Louviers pèse autant que Le Havre et Caen réunis.

Rouen a t-elle les moyens de devenir une métropole ?

Le statut de métropole n’est pas lié à l’histoire, ni à la géographie.
Rouen en est le parfait exemple. Ce n’est pas parce que la ville fut grande dans le passé que son rayonnement futur est assuré.
Les années 1980-2000 ont été particulièrement fatales à notre ville. En effet, alors que de nombreuses capitales régionales se sont lancées dans le jeu métropolitain en développant universités et parcs technologiques, Rouen a été très timide dans cette partie. 
Devançant des villes comme Rennes ou Montpellier, voire Grenoble, Rouen était jusqu’à la fin des années 70 pratiquement l’égale de villes comme Strasbourg, Nantes voire Toulouse et Bordeaux. Vous pouvez le vérifier en regardant les données statistiques disponibles sur recensement.insee.fr en choisissant « Rouen » puis « aire urbaine ».
Aujourd’hui elle est allègrement dépassée par toutes ces villes. Rennes et Montpellier font partie, d’après l’étude du Journal des Entreprises des villes les plus dynamiques après la championne Toulouse.
Rouen est en terme de dynamisme en queue de peloton derrière des villes comme Lens!
Certes les villes les plus dynamiques sont au sud, là où il y a du soleil, ou bien encore à l’ouest, proche de l’atlantique.
Certes les villes les plus dynamiques n’ont pas eu à subir de désindustrialisation comme Rouen et le Havre l’ont vécu et le vivent toujours.
Certes les villes les plus dynamiques ont largement bénéficié de la régionalisation de la France en devenant le leader naturel de grandes régions.
Certes Rouen s’est vue séparer de la partie orientale de la Normandie, certes Rouen doit subir l’influence de la première métropole européenne. Certes quelques 5000 cadres habitant l’agglomération rouennaise travaillent à Paris.
Mais toutes ces raisons n’expliquent pas le déclassement rouennais. 
On peut citer un manque de volonté politique. Le tropisme parisien frappe bien plus nos élus. Paris agit comme un aimant. Plus on est proche, plus on subit sa force. Ainsi, on a deux ministres rouennais dans le gouvernement… (dont un parisien…)
On peut aussi citer l’émiettement de l’agglomération rouennaise et de la Normandie en général et il y a de quoi se moquer, 2 régions pour une seule région – bon départ – 72 communes dans l’agglomération rouennaise dont un grand nombre de communes rurales…
Mais cela ne répond en rien à notre question, Rouen sera t-elle une métropole ?
Oui si les Rouennais en ont envie. Moi le premier. 
Non, compte tenu de nombreux commentaires sur les forums de Paris-Normandie : j’ai l’impression que beaucoup de ces participants n’y sont pas prêts et veulent continuer à vivre dans la médiocrité.

Le pôle CREA-Seine-Eure est métropolitain

L’INSEE avait identifié en 2011 12 aires urbaines métropolitaines : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Monpellier.
Rouen, bien que plus peuplée que l’aire urbaine de Montepellier ne fait pas partie de cette liste des métropoles car elle ne dispose pas d’un nombre suffisant d’emplois correspondant à des cadres de fonctions métropolitaines.
En effet, afin d’être classé « métropole », une aire urbaine doit disposer d’un minimum de 500 000 habitants et d’au moins 20 000 emplois de cadres de fonctions métropolitaines (CFM).
Au dernier recensement intégrant le nouveau périmètre des aires urbaines, Rouen au coeur d’une aire urbaine de 650 000 habitants n’atteint pas encore ce statut avec ses seulement 18 600 CFM.
Cependant, l’aire urbaine de Louviers en compte 1600. Le pôle métropolitain CREA-CASE, récemment créé, atteint donc le seuil fatidique et permet à Rouen de revendiquer ce statut de métropole.
Bien sûr, tout cela reste à relativiser. A titre de comparaison, Rennes et Grenoble disposent respectivement de 33 000 et 42 000 CFM. Mais il faut aussi remarquer que ces deux villes ont su développer de réels technopoles tels que Rennes Atalante (technologies Telecom) et Innovallée.
Rouen, avec le technopole du Madrillet fait figure de petit poucet dans le jeu des technopole.
Pour précision, Le Havre compte 7120 CFM et Caen, près de 12 000.
*Données INSEE Recensement 2009.

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