Le statut de métropole n’est pas lié à l’histoire, ni à la géographie.
Rouen en est le parfait exemple. Ce n’est pas parce que la ville fut grande dans le passé que son rayonnement futur est assuré.
Les années 1980-2000 ont été particulièrement fatales à notre ville. En effet, alors que de nombreuses capitales régionales se sont lancées dans le jeu métropolitain en développant universités et parcs technologiques, Rouen a été très timide dans cette partie.
Devançant des villes comme Rennes ou Montpellier, voire Grenoble, Rouen était jusqu’à la fin des années 70 pratiquement l’égale de villes comme Strasbourg, Nantes voire Toulouse et Bordeaux. Vous pouvez le vérifier en regardant les données statistiques disponibles sur recensement.insee.fr en choisissant « Rouen » puis « aire urbaine ».
Aujourd’hui elle est allègrement dépassée par toutes ces villes. Rennes et Montpellier font partie, d’après l’étude du Journal des Entreprises des villes les plus dynamiques après la championne Toulouse.
Rouen est en terme de dynamisme en queue de peloton derrière des villes comme Lens!
Certes les villes les plus dynamiques sont au sud, là où il y a du soleil, ou bien encore à l’ouest, proche de l’atlantique.
Certes les villes les plus dynamiques n’ont pas eu à subir de désindustrialisation comme Rouen et le Havre l’ont vécu et le vivent toujours.
Certes les villes les plus dynamiques ont largement bénéficié de la régionalisation de la France en devenant le leader naturel de grandes régions.
Certes Rouen s’est vue séparer de la partie orientale de la Normandie, certes Rouen doit subir l’influence de la première métropole européenne. Certes quelques 5000 cadres habitant l’agglomération rouennaise travaillent à Paris.
Mais toutes ces raisons n’expliquent pas le déclassement rouennais.
On peut citer un manque de volonté politique. Le tropisme parisien frappe bien plus nos élus. Paris agit comme un aimant. Plus on est proche, plus on subit sa force. Ainsi, on a deux ministres rouennais dans le gouvernement… (dont un parisien…)
On peut aussi citer l’émiettement de l’agglomération rouennaise et de la Normandie en général et il y a de quoi se moquer, 2 régions pour une seule région – bon départ – 72 communes dans l’agglomération rouennaise dont un grand nombre de communes rurales…
Mais cela ne répond en rien à notre question, Rouen sera t-elle une métropole ?
Oui si les Rouennais en ont envie. Moi le premier.
Non, compte tenu de nombreux commentaires sur les forums de Paris-Normandie : j’ai l’impression que beaucoup de ces participants n’y sont pas prêts et veulent continuer à vivre dans la médiocrité.