L’exceptionnelle lutte des salariés de Petroplus à Petit Couronne, sera-t-elle victorieuse?

 

Il y a 7 mois, la
raffinerie est mise à l’arrêt, faute de moyens financiers pour l’approvisionner en pétrole brutIMG 1714. Dans le même temps, Petroplus, verse
des bonus mirifiques  aux cinq directeurs de la holding qui se
sont partagés 8 millions de primes. C’est Jean-Paul Vettier, le directeur général qui a obtenu la plus grande part du gâteau, soit 3 millions de francs suisses. Les scrupules ne sont pas inscrits
dans le code moral de l’entreprise, qui annonce sans préalable et sans concertation l’arrêt des unités, les salariés prennent de plein fouet cet annonce en pleine fête de fin d’année. Résignés,
abattus… ils décident très vite de réagir, sous l’impulsion de leurs organisations syndicales ils prennent leurs destins en main, en bloquant tous les produits finis.

Un acte décisif qui sera consacré par la loi.IMG 1713

Ce blocage de produits  illégal d’après la loi en vigueur en Janvier 2012, est maintenant légalisé par la loi votée juste avant l’élection présidentielle de Mai dernier. Cette réserve
financière conséquente servira à la remise en route du site et à garantir les droits sociaux.

Cette  lutte syndicale en plein cœur d’une élection présidentielle, a conduit tous les candidats républicains à venir sur le site, à
prendre des engagements. L’heure de confronter ceux-ci aux actes est venueIMG 1699

Malgré de nombreuses forces contraires ; venant de groupes pétroliers concurrents, de rumeurs diverses pour décourager
les salariés, de débauchages divers, d’un changement de gouvernement, de tractations diverses notamment avec Shell pour approvisionner en brut le site, d’un délai très court pour effectuer les
travaux indispensables au redémarrage de la raffinerie, et bien là aussi les salariés ont fait face, en prenant le pouvoir.

Le 14 juin 2012 la
raffinerie de Petit Couronne est de nouveau en fonctionnement pour exécuter un contrat à façon pour compte de Shell.
Une première, car jamais un redémarrage de raffinerie après six mois d’arrêt ne s’était vu.

Une deuxième
étape victorieuse pour les salariés qui
doivent cependant
assurer un bon fonctionnement, faire face aux travaux urgents sur des équipements qui ont manqué cruellement d’entretien et d’investissements depuis plusieurs années.raffinerie fumée

Le 24 juillet 2012 au tribunal, journée décisive pour la raffinerie.

Le tribunal de commerce de Rouen aura entre
les mains les 7 à 8 dossiers de repreneurs éventuels.
Une étape déterminante,
pour
se prononcer sur le sort de l’entreprise à l’expiration de la période d’observation ouverte le 24 janvier. Il pourra soit retenir un projet de cession, soit prononcer l’arrêt de l’activité, soit
encore proroger cette période.  

Lors de L’AG du
personnel Jeudi 12 Juillet
 :
Les représentants syndicaux se disent optimistes, « les dossiers reçus doivent être examinés en
détail, plusieurs propositions concernent : la reprise totale du site y compris les huiles. La totalité des emplois seraient préservés avec un vrai projet industriel. Mais attention, la
victoire sera totale uniquement le jour ou sera signé l’acte de reprise, la prudence, la vigilance et la mobilisation de tous restent nécessaires
 ».manif 18 Mars paris

« D’ici là, il faut assurer un bon fonctionnement, faire face aux travaux urgents
sur des équipements qui ont manqués cruellement d’entretien et d’investissement depuis plusieurs années.

Aux pouvoirs publics et aux élus, rappeler la nécessité de taxation des produits pétroliers importés, pour rendre équitables la concurrence et protéger durablement le raffinage
en France. » Ont-ils rappelés.

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