Dans une tribune publiée dans Le Monde (18 juillet), Edouard Philippe
dénonce dans la normalité affichée du gouvernement un manque d’ambition dont
vous trouverez des extraits ci-dessous ainsi que le texte intégral de la tribune
en annexe.
Vous trouverez également ma réaction à propos de cette tribune à la fin du billet.
Voici les principaux extraits de la tribune écrite par Edouard Philippe :
"Normalité ou renoncement ? A force
de modestie ostentatoire, François Hollande fait courir au pays le risque du
renoncement et de l’effacement.
Depuis son élection, François Hollande a fait de la normalité sa ligne de
conduite, (…), entretenant avec soin cette image de M. Tout-le-monde. Un Président
sans parapluie sous l’averse, s’arrêtant aux feux rouge (…), n’est-ce pas séduisant
? (…)
Mais est-ce ce dont la France a besoin ? Il y a toutes les raisons d’en
douter. (…). La France ne peut pas se contenter de regarder passer les trains.
Il lui faut retrouver et manifester une véritable ambition, celle de la reconquête.
Dans ce contexte, ériger la mesure et la modestie en ultime aspiration du pays
serait un contresens historique. Il n’y a, en réalité, qu’un pas entre le désir
de normalité et le renoncement.
(…) Ce qui nous guette,
c’est l’effacement. L’enjeu est aujourd’hui pour la France (…) d’assumer,
pour elle-même, pour ses enfants, mais aussi pour le monde, une volonté de puissance
qui n’a rien de honteux.
Puissance. Le mot est lâché. Il pourrait sembler naturel
pour notre pays ; il est pourtant presque tabou. (…) LaFrance, pas à pas, se
propose comme un art de vivre enjolivé de glorieux souvenirs, plus comme une
force qui va et qui montrerait au monde ce qu’elle aurait à dire. Sur cette
longue pente doucement glissante, que peut faire le chef de l’Etat ? (…) Penser
grand (…). Prescrire au pays cet effort véritable dont il a besoin.
Revendiquer, en s’en donnant les moyens, la puissance française et le leadership
européen.
La pression budgétaire est certes redoutable, mais elle ne doit pas
nous empêcher d’investir dans notre avenir. Or les (très rares) marges financières
qui subsistent sont aujourd’hui dévolues à la satisfaction d’intérêts clientélistes
(…). On peine à apercevoir quoi que ce soit de nature à permettre au pays de
sortir de la spirale de l’échec.
La France n’est pas
un pays normal : elle est la France. Et elle n’est pas dans une situation
normale : elle est menacée de relégation. Qui peut croire que c’est seulement
à force de modestie et de normalité qu’on la réconciliera et avec elle-même,
et avec le succès ?"
Gouverner, c’est aussi savoir communiquer

Je ne serai pas aussi catégorique qu’Edouard Philippe sur la condamnation de
la normalité affichée par le nouveau pouvoir.
En effet, cette normalité répond
en partie également à la mauvaise communication de Nicolas Sarkozy qui a laissé
croire que les plus riches des Francais pouvaient échapper à l’effort national
de redressement du pays.
Des erreurs terribles de communication du précédent
gouvernement ont fait passer le paquet fiscal de Nicolas Sarkozy en «
cadeau pour les riches », alors qu’en réalité les classes moyennes en ont énormément
bénéficié (heures supplémentaires, droit de succession,
etc.). Il s’agissait d’une prime pour ceux qui « se levaient tôt le matin pour
travailler » : n’est ce pas le cas de la majorité des Francais ? La politique
est aussi une bataille de communication.
En 2008, malgré la crise économique,
Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé au bouclier fiscal : une mesure économiquement
mineure mais hautement symbolique et perçue trés négativement par l’opinion
publique.
L’action déterminante de Nicolas Sarkozy saluée unaniment dans les
capitales européennes pour sauver le système bancaire de l’effondrement en 2008
n’a pas pesé très lourd face au raté de la communication sur le paquet fiscal.
En affichant une normalité de facade, le nouveau
pouvoir sous-entend que les classes dirigeantes ne sont pas traitées différement
que l’ensemble des Francais. Ce serait habile si Francois Hollande appelait
à l’effort national, au redressement de la France. Or, comme l’écrit
Edouard Philippe, les premières mesures du gouvernement ont été « dévolues
à la satisfaction d’intérêts clientélistes à courte vue ».
Les Français
ont besoin d’être mobilisés autour du redressement de la France et d’avoir
le sentiment que l’effort national est équitablement réparti entre toutes les
classes sociales.
vous trouverez en annexe la tribune d’Edouard Philippe et sur ce lien mon billet concernant le 1er tour de l’élection présidentielle et sur celui concernant le 2ème tour.