Echauffourées à Amiens et à Toulouse…

« Nous attendons de la presse que, non seulement elle rende compte de ce qui se passe, mais aussi, qu’elle soit capable d’analyser et de replacer dans leur contexte les évènements qu’elle rapporte. Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils prennent la mesure des problèmes -pas qu’ils déploient des mesures policières-, qu’ils s’attachent à la question de fond et ne se contentent pas de réponses au coup par coup, ni d’effets d’annonce politiques, comme la création des zones de sécurité prioritaires.

A l’occasion des récents affrontements, à Toulouse ou à Amiens, par exemple, nous n’avons eu droit dans la presse qu’à des resucées de dépêches ou à la reprise de « petites phrases » gouvernementales, peu de chiffres, pas de commentaires sociologiques ou politiques…

Le gouvernement ne s’est exprimé que par clichés et la seule réponse donnée, a été une démonstration de force.

Si « …rien ne peut excuser qu’on tire sur des policiers, qu’on tire sur des forces de l’ordre et qu’on brûle des équipements publics. » (…encore que !), beaucoup de choses, en revanche, peuvent l’expliquer.

User d’expressions … telles que « guerilla urbaine », c’est choisir la voie/voix de la provocation, et il n’est pas innocent que cela se fasse en parallèle avec le déploiement de forces policières.
Du côté du gouvernement, en appeler « à la responsabilité des parents », est un peu facile. Invoquer la chaleur et le désœuvrement … un peu commode.

Faut-il que les parents soient stupides, n’est-ce pas, pour priver leurs enfants de vacances, quand il est si facile de les envoyer bronzer sur la côte ?!

Eluder les questions du chômage, de la ghettoïsation, ignorer les conditions de vie, les difficultés économiques et familiales, nier la paupérisation et les inégalités d’accès au savoir et à la culture, ressort de la pire tartuferie.

User de langue de bois, pour parler de ces « cités » et nier la citoyenneté de leurs habitants ; parler de jeunes « issus de la diversité » et leur refuser la connaissance et l’expression de leur culture, relève du plus pur cynisme.

Réduire les jeunes des banlieues à une bande de petits voyous sans envergure, criminaliser le moindre de leur acte, jeter l’opprobre sur leurs parents, c’est nier ce que la mise à l’écart de la société, la pauvreté, le manque de projection en l’avenir ont d’indigne et d’inhumain.

Des véhicules brûlés, des équipements collectifs dévastés, les dégâts se chiffrent, nous dit-on à Amiens, « à 5 millions d’euros ».

Peut être qu’un meilleur investissement, non seulement en équipements, mais surtout en moyens humains, aurait permis d’éviter ces « scènes de désolation » ?

Peut-être que l’engagement de l’Etat…

L’éducation nationale, l’éducation populaire, doivent retrouver toute leur place auprès de la jeunesse/population.

Les moyens doivent être donnés, les postes créés, les infrastructures ouvertes, qui permettront à chacun de se former tout au long de sa vie et de prendre une place active dans notre société/monde. »
Du travail, un emploi, de la considération…voilà des remèdes aux maux des quartiers en difficulté.

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