La Caisse Primaire d'Assurance Maladie de Haute-Normandie lance une vaste campagne de communication pour inciter les malades à opter pour les médicaments génériques, moins coûteux et tout aussi efficaces que les médicaments de marque.
Vous l’ignorez peut-être, mais désormais, votre pharmacien pourra vous faire avancer les frais de vos médicaments, au cas où vous refuseriez d’accepter des médicaments génériques. Tel est le résutat du dispositif “Tiers payant contre générique” qui va couvrir l’ensemble du territoire, dont l’objectif est évidemment d’inciter les patients à opter pour les génériques, moins coûteux et tout aussi efficaces, assure-t-on du côté de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Haute-Normandie (CPAM).
Vaincre les réticences
Pourtant, nombreux sont encore les malades restant convaincus que la formule du médicament générique, n’est pas aussi efficace que le médicament de marque qu’ils ont l’habitude de se voir prescrire. Or, la CPAM rappelle que selon le Code de la Santé Publique, “le médicament générique doit répondre à trois critères pour bénéficier de son appellation : il doit avoir la même composition qualitative et quantitative en principes actifs que le médicament de référence ; il doit avoir une forme pharmaceutique équivalente (comprimés, gélules,…) ; et avoir démontré sa bioéquivalence, c’est-à-dire la même activité thérapeutique”.
30 millions d’euros d’économies en 2011
Au-delà de ces criètres, c’est évidemment dans un souci d’économie que les génériques sont vivement recommandés. La CPAM voit là “un enjeu majeur pour l’équilibre du système de santé français, pour lequel chacun a un rôle à jouer”. Il faut en effet savoir que les médicaments génériques, en termes de coût, sont entre 30 et 40% moins chers que les médicaments de marque. Pour illustrer ce propos, la CPAM souligne qu’en 2011, les dépenses de médicaments en Haute-Normandie ont représenté près de 570 millions d’euros, soit le tiers des remboursements effectués par la caisse et que le recours aux médicaments génériques a permis de réaliser une économie de 30 millions d’économie. “On estime que cette économie pourrait être portée à plus de 44 millions d’euros” constatent les responsables de la CPAM.
Chasser les idées reçues auprès de 1 660 129 personnes concernées par l’organisme du régime général en Haute Normandie : c’est le message que va donc diffuser sans relâche la CPAM au cours des mois de septembre et octobre, en espérant vaincre les réticences de chacun face aux médicaments génériques et faire que ceux-ci deviennent quasiment un réflexe.
• Trois questions à la CPAM
1. Certains patients sont convaincus que les génériques ne sont pas totalement identiques aux médicaments de marque et que leur consommation peut induire des contre-indications : ont-ils raison ?
“Les apparences peuvent être différentes (forme, couleur) mais cela n’a aucun impact sur l’activité thérapeutique du médicament. Autrement dit, cela ne change rien son efficacité. Rappelons-nous que c’est le principe actif qui soigne ! Toutes les études montrent qu’il n’y a pas plus de risque de faire une réaction allergique lorsqu’on passe d’un médicament de marque à un générique Pour qu’un médicament générique soit commercialisé, il faut qu’il ait la même efficacité thérapeutique qu’un médicament de marque, c’est ce qu’on appelle la bioéquivalence : cela garantit que son efficacité et sa sécurité sont les mêmes. Même si les médicaments génériques sont plus économiques, l’économie n’est pas réalisée sur le contrôle qualité. Les agences réglementaires effectuent un contrôle de qualité identique pour tous les laboratoires”.
2. Les patients ont-ils le droit d’exiger de leur pharmacien le médicament de marque, ou faut-il une préconisation spéciale de leur médecin ?
“Quand un médecin a prescrit un médicament de marque dans le répertoire du générique (c’est-à-dire qu’il existe un ou plusieurs génériques de la molécule du principe actif), le pharmacien doit proposer la formule génériquée. Si le patient l’accepte : il bénéficiera du dispositf du tiers payant. Qu’est-ce que le tiers-payant : Lorsqu’un patient achète des médicaments, l’Assurance Maladie prend en charge une partie ou la totalité de leur coût. La carte Vitale permet de ne pas avancer la partie prise en charge. Le dispositif « tiers payant contre génériques » consiste à réserver le tiers payant aux assurés qui acceptent la délivrance de médicaments génériques lorsqu’il en existe pour les médicaments qui leur sont prescrits. Ainsi, si un patient refuse que son pharmacien substitue un médicament générique au médicament de marque indiqué sur l’ordonnance, il ne peut plus bénéficier plus du «tiers payant » ni même de la transmission électronique de sa feuille de soins. Il devra faire l’avance des frais et le pharmacien établira une feuille de soins papier pour les médicaments pour lesquels il a refusé la substitution. Il devra alors compléter cette feuille de soins papier avec les vignettes des médicaments délivrés puis l’adresser ensuite, accompagnée du double de l’ordonnance, à sa caisse d’Assurance Maladie pour se faire rembourser. Le délai du remboursement sera donc plus long, compte tenu du temps nécessaire au traitement de sa feuille de soins. Depuis juin 2012, le dispositif « Tiers Payant contre génériques » est en place dans toutes les pharmacies de la région. Il existe une seule dérogation à ce dispositif. Dans certains cas limités, le médecin peut estimer que la substitution n’est pas souhaitable. Il doit alors l’indiquer de façon explicite sur l’ordonnance, en apposant la mention manuscrite « non substituable » en face du seul médicament concerné”.
3. Si les génériques sont tout aussi efficaces et moins coûteux, pourquoi maintenir les médicaments de marque sur le marché ?
“Même s’il est très réglementé du point de vue de la sécurité, des autorisations et de la fixation des prix, le marché du médicament n’en est pas moins libre. Un médicament générique est un médicament identique où équivalent à celui d’une marque. Ces médicaments génériques peuvent être produits après expiration du brevet qui protégeait la molécule du médicament de marque lorsqu’il tombe dans le domaine public. Ils sont vendus 30 à 40% moins chers. Ils prennent progressivement la place des médicaments de marque, l’objectif des autorités étant qu’ils occupent 85 à 90% des ventes dans les familles de médicaments ou ils existent. Les autorités pourraient très bien décider de ne plus permettre le remboursement des médicaments de marque lorsqu’il existe une formule génériquée. Les laboratoires l’on d’ailleurs bien compris, puisqu’on observe un alignement des prix des médicaments de marque sur les prix des médicaments génériques. Les médicaments génériques ont permis d’économiser, en France, 1,3 milliard d’euros en 2011. Accepter les médicaments génériques, c’est participer activement à la préservation de notre système de soins basé sur la solidarité”.
Isabelle Villy