Le ressortissant russe a été arrêté dans la cours du foyer Brindeau où il a vécu (©LHI)
Dimitry Polesnikov, ressortissant russe âgé de 30 ans, s’est rendu en simple visiteur au foyer Brindeau au Havre, hier après-midi. Ce dernier, particulièrement fréquenté dans le cadre de sa démolition, avait été son lieu de vie alors qu’il tentait d’obtenir une régularisation sur le territoire français. Mal lui en a pris, puisqu’il a été contrôlé et de fait, arrêté.
Championne de karaté
Marié et père d’un petit garçon de 2 ans, Dimitry Polesnikov est l’époux de Marina Malyshnika. “Une athlète de haut niveau en karaté“, indique Marie-Hélène Boileau, présidente de la section havraise de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), dans un courrier adressé à Valérie Fourneyron, ministre des Sports. Lui est Russe, elle est ossète du Sud. “Tous deux ont dû fuir l’Ossétie du sud où ils vivaient, suite à la guerre russo-géorgienne d’aout 2008, poursuit la militante dans son courrier. Ils sont arrivés respectivement en France en 2008 et 2009. Leur fils est né en mars 2010 à Montivilliers.” Des démarches ont été entreprises pour que le couple puisse bénéficier du statut de réfugiés politiques. “Statut refusé qui a débouché sur une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), le 5 avril 2011“. Les soutiens ont alors afflué, associatifs, sportifs, politiques, pour tenter de trouver une autre solution administrative de régularisation. Mais, pendant ce temps, le couple reste expulsable. “Pourtant, en terme d’insertion, il est exemplaire, souligne en substance la présidente de la LDH. Quatrième aux championnats du monde en 2007, Madame a repris l’entraînement après la naissance de son fils et est actuellement licenciée au club de karaté de l’Union Sportive des Tréfileries du Havre. Son président estime que son niveau de pratique et son expérience de la compétition sont de grands atouts pour le club. Par ailleurs, soutenue par le Conseil général, elle pourra passer le diplôme de brevet d’état d’entraineur qui lui permettra de transmettre son expérience auprès des jeunes. Son mari, quant à lui, obtenu une promesse d’embauche, en CDI en tant que plaquiste dans l’entreprise de bâtiment Gitar“.
Le sous-préfet contacté
Dans un souci de régulariser leur situation, Monsieur et Madame Polesnikov ont adressé au sous–préfet, Pierre Ory, un courrier pour demander un rendez-vous et expliquer leur cas. “Ce courrier est jusque-là resté sans réponse” affirme la présidente de la LDH. Contacté ce matin par notre journal, le sous-préfet qui rentrait tout juste de congés, pourrait commenter cette information dans la journée.
Dans cette attente, Dimitry Polesnikov est toujours au centre de rétention administrative de Oissel où il s’est vu signifier une nouvelle OQTF (obligation de quitter le territoire français) assortie d’une IRTF (Interdiction de Retour sur le Territoire Français) de 2 ans.
“Nous demandons pour ce couple un titre de séjour “vie privée et familiale”” indique Marie-Hélène Boileau qui confirme également qu’un mouvement de soutien plus ample devrait se mettre en place d’ici la fin de la semaine.
DLM-T