Comment faire vite, donc mal
» La précipitation est la principale source d’erreur » disait Descartes
voici 400 ans. Les temps n’ont pas changé et Cécile Duflot, ministre du Logement
, en apporte la preuve, se couvrant en même temps de ridicule. En annonçant
la mise à disposition à titre gratuit (ou vendus avec forte décote) de 900 sites
pour aider à la construction de logements sociaux en France, la
ministre a voulu faire vite donc mal. Manquaient à l’appel les étapes
de concertation et le travail de fond. Plutôt que de fustiger les » maires hors
la loi « , comme elle l’annonçait ces jours-ci, peut être aurait-il mieux valu
qu’elle étudie le dossier un peu plus sérieusement…
Ainsi au Havre, le maire a -t-il apprit que l’Etat
s’apprêtait à donner deux terrains… dont la ville est déjà propriétaire.
Il s’agit du terrain de l’ancienne prison acheté par la ville en 2011 au prix
de 2,8 millions €. Même couac pour l’entrée de ville : l’Etat propose un terrain
de 13 000 m2, déjà vendu à la ville en décembre pour 813 280€. Un site qui,
selon les experts, n’a d’ailleurs pas nécessairement vocation à accueillir des
logements, compte tenu de la configuration des lieux le long des rails…
Quelle crédibilité peut -on accorder à ce gouvernement qui agit dans la précipitation
? A ces ministres généreux sur les biens dont ils ne sont pas propriétaires
? A cet Etat qui affiche sa volonté de brader
purement et simplement le patrimoine commun, en une période où il devrait davantage
chercher à réduire ses déficits ? Et qui se moque des élus
et d’un sujet aussi grave que celui du logement, en faisant preuve d’autant
de précipitation et d’incompétence ?
» J‘apprécie beaucoup les gens qui veulent me donner quelque chose que j’ai
déjà acheté » a confié Edouard Philippe, maire du Havre, qui va écrire à
Cécile Duflot pour lui demander remboursement des sommes versées par la Ville…