Le centre de recyclage Havre Sud dont la construction s’achève à proximité de la cité Chauvin, va ouvrir ses portes le 1er octobre prochain. Pour la Codah, propriétaire des lieux, ce site est exemplaire, ” même remarquable “, souligne Thierry Gaultier, directeur du service “Gestion des Déchets”. Remarquable, notamment, ” parce qu’il respecte de hautes contraintes environnementales “.
Pour autant, toutes les étapes du chantier depuis son lancement font l’objet d’une attention particulière, celle d’Annie Leroy, d’Ecologie pour le Havre, inquiète de l’impact de ce chantier sur son environnement proche. Un environnement dans lequel s’inscrit une trame écologique et différents éléments naturels comme les noues, petits fossés naturels, qui concourent notamment au bon écoulement des eaux. ” C’est un lieu de biodiversité qu’il faut respecter “, ne cesse de défendre la militante.
Quinze jours avant l’ouverture du lieu, une rencontre s’est imposée avec les principaux acteurs de ce chantier afin d’analyser les points d’achoppement avec Annie Leroy : la disparition de ces fameuses noues, celle d’une haie de peupliers qui bordait le site et l’état actuel de la trame écologique.
Une noue a été détruite
Annie Leroy regrette la disparition de l’une d’elles, sur l’emprise même du site du nouveau centre de recyclage. Disparition, il y a bien eu. La Codah pour les besoins de l’implantation de sa structure l’a détruite. ” Mais, nous avons reconstruit en lieu et place deux bassins de remédiation pour la récupération des eaux fluviales , indique Steeven Protois, chef de projet au service de gestion des déchets de la Codah, et ils joueront le même rôle que la noue naturelle “. Ces bassins bordent le futur espace pédagogique du centre de recyclage qui sera réservé aux enfants. Un espace où a été conçu en limite de terrain une roselière. ” Tout concourt dans cet espace à la biodiversité “, se satisfait Frédéric Proniewski, directeur général adjoint “Développement durable et cadre de vie” de la Codah. ” En termes de gestion des eaux, ce nouveau site est exemplaire “. L’Agence de l’Eau et l’Ademe ont d’ailleurs participé financièrement à ce projet aux côtés du Département.
Les peupliers abattus pour raison de sécurité
La haie de peupliers a été rasée pour être remplacée le long du grillage par un talus cauchois constitué d'essences locales.
La haie de peupliers a été rasée pour être remplacée le long du grillage par un talus cauchois constitué d'essences locales.
” Ce sujet a encore été débattu en juin dernier à la Sous-Préfecture “, indique Steeven Protois. Initialement, la Codah le reconnaît, elle devait être préservée. ” Mais les études réalisées ultérieurement ont montré que ces arbres étaient vieux et malades. Il y avait un risque de chutes de branches sur nos installations comme sur le public. En juin dernier, en sous-préfecture, ces arguments de sécurité ont été entendus “.
En contrepartie, la Codah s’est engagée à constituer une haie vive d’essences locales (hêtre, chêne, érable). ” Et ce projet de talus cauchois a été validé par la DREAL (ndlr : Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) “, argumente encore le chef de projet de la Codah.
La trame écologique respectée ?
Elle borde le site de la plateforme de reyclage des déchets. Cette trame, c’est aussi un fossé naturel qui assurait le développement d’une belle biodiversité. Annie Leroy en est persuadée ; cette trame n’a pas été respectée. Elle est aujourd’hui à sec et enfouie sous une jungle de ronces et ironie du sort, de déchets. ” Mais le terrain sur lequel elle s’étire ne nous appartient pas “, insistent les représentants de la Codah. Il est propriété en effet de RFF (Réseau Ferré de France). La Codah se défend d’avoir endommagé d’une quelconque manière ce fossé naturel. ” Nous avons suivi à la lettre les préconisations préfectorales qui ont imposé un sens d’intervention des travaux, de manière justement à préserver la faune existante et laisser aux insectes le temps de la migration vers cette trame “, détaille Steeven Protois.
Annie Leroy et la Codah…Ce sont deux protagonistes qui disent partager le même principe de défense de l’environnement. Mais l’un, Annie Leroy, s’acharne à vouloir protéger l’environnement naturel pré-existant à la plateforme de recyclage quand l’autre, la Codah, mise sur les qualités environnementales de sa toute nouvelle structure, pour redonner de l’élan à l’environnement naturel pré-existant. Arriveront-ils à s’entendre ? Rien n’est moins sûr.
K.L