Kees Van Dongen, la Parisienne de Montmartre (détail) vers 1907-1908 © MuMa, Le Havre – Florian Kleinefenn – © Adagp Paris 2012
Au milieu du XIXe siècle, Le Havre connaît un formidable essor. Le port se modernise et les importations de matières premières font la prospérité de la « Porte Océane ». Des entrepreneurs-négociants bâtissent des fortunes dans le coton, le café et les bois précieux… qu’ils consacrent à l’art.
Ces hommes d’affaires font preuve d’innovation tant au sein de leur entreprise que dans la constitution de leur collection.
• Qui sont ces collectionneurs ?
Cinq se distinguent : Olivier Senn (1864-1959), le plus connu, mais aussi Charles-Auguste Marande (1858-1936), Georges Dussueil (1848-1926), Pieter Van der Velde (1848-1922) et Franz Edouard Lüthy (1847-1919).
À la pointe de l’avant-garde, ils achètent des oeuvres impressionnistes, postimpressionnistes et fauves. La confrontation de leurs acquisitions révèle une saine émulation : c’est à qui achètera le plus beau Monet, à qui pourra s’offrir un Bonnard, un Van Gogh ou un Matisse et il n’est pas rare de voir les œuvres circuler et changer de propriétaires.
• Le « Cercle de l’art moderne », c’est quoi ?
L’esprit d’entreprise de ces collectionneurs les conduit à soutenir de jeunes artistes. Ils créent ainsi le « Cercle de l’art moderne », en 1906. Ils permettront à des peintres havrais comme Braque, Dufy ou Friesz, d’exposer au Havre.
De 1906 à 1910, le Cercle va ainsi organiser des expositions, des conférences, des soirées poésie et des concerts. Les œuvres des plus grands artistes du moment sont présentées au Havre, notamment lors de quatre expositions annuelles : les « vieux » impressionnistes tels Monet, Renoir…, les néo-impressionnistes – Signac – mais surtout les jeunes fauves – Matisse, Derain, Van Dongen, Vlaminck, Manguin…entraînés par leurs amis Braque, Dufy, Friesz.
Le Havre s’impose ainsi comme l’un des hauts lieux du fauvisme, un mouvement artistique qui vient juste d’émerger. Le port, sans cesse modernisé, devient le sujet de leurs tableaux, dans la continuité de Monet qui y a peint « Impression soleil levant » (1874), tableau qui a donné son nom au mouvement impressionniste.
• Que verrez-vous au musée du Luxembourg ?
Les collections présentées au musée du Havre, mais également dispersées dans les plus grands musées du monde, de Londres à New York, de Venise à Zurich, sont réunies pour la première fois dans une exposition, au musée du Luxembourg.
De Corot à Derain, de Boudin à Dufy, de Monet à Marquet, l’exposition présente environ 90 oeuvres comme « Le Vieux port du Havre » (1874) de Claude Monet, actuellement au musée de Philadelphie ou encore « Le port du Havre » (1906) de Raoul Dufy actuellement au musée des beaux-arts de Nantes.
L’exposition invite aussi à pénétrer l’univers intime de ces collectionneurs, qui, au-delà de leur intérêt privé, se sont retrouvés au sein du « Cercle de l’art moderne » pour défendre avec enthousiasme et générosité leur goût de l’avant-garde.
L’exposition est organisée par la réunion de musées nationaux : Le Grand Palais en collaboration avec le MuMa, le musée d’art moderne André Malraux du Havre. Annette Haudiquet, conservateur en chef au musée d’art moderne André Malraux (MuMa) en est le commissaire général. Géraldine Lefebvre, attachée de conservation au MuMa est le commissaire scientifique.
• Pratique. Au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, à Paris. Du 19 septembre au 6 janvier 2013. Tous les jours de 10h à 19h30. Nocturne le vendredi et le lundi jusqu’à 22h. Fermeture exceptionnelle le 25 décembre. Fermeture à 18h le 24 décembre et le 31 décembre. Tarifs : 11 € (tarif réduit : 7.5 €). Gratuit pour les moins de 16 ans.
Plus d’infos sur le site internet du musée du Luxembourg.