
L’inénarrable patron de l’UMP sentirait-il qu’il n’est pas
inamovible ? La course à l’échalote se poursuit entre Copé et Fillon pour
présider le parti. Fillon, en bon coureur automobile (mais piètre conducteur de
scooter) a déjà envoyé les gaz. Le bon Jean-François, lui envoie l’artillerie
lourde…
On connaissait déjà la légendaire finesse du maire de Meaux qui, malgré des
sourires avenants et néanmoins de plus en plus crispés, n’est pas aussi coulant
que le brie de sa bonne ville. Si le général de Gaulle, lointaine inspiration
de l’UMP, glosait sur la France et ses spécialités laitières en énonçant la
sentence définitive et certainement scientifique, n’en doutons pas :
« Un pays qui produit plus de 365 sortes de fromages ne peut pas perdre la
guerre », son lointain successeur semble faire un fromage du « racisme
anti-blanc » alors que le combat des chefs de l’UMP se rapproche.
Dans la course qui se déroule entre François et Jean-François, rien ne
semble surprendre des foules qui en ont de moins en moins à battre. En effet,
le lièvre Copé et la tortue Fillon semblent finalement bien proches de leur
image que les médias ont amoureusement façonnée pendant les cinq ans de pouvoir
sarkoziste. Fillon en bonne tortue de la fable va son train de sénateur, il
part, il s’évertue, il se hâte avec lenteur. Copé, lui, a du temps de reste
pour brouter (et même oserai-je dire, nous les brouter), pour dormir et pour
écouter d’où vient le vent.
Dans la fable, le lièvre se réveille mais trop tard. Son agitation ne suffit
pas à rattraper son retard. Il partit comme un trait mais les élans qu’il fit
Furent vains : la tortue arriva la première. C’est donc à cause du retard
accumulé dans les enquêtes sondagières que notre lièvre de Meaux tente de se
réveiller, de s’agiter, de taper du pied.
Ainsi le petit Jean-François qui voulait devenir le grand Copé, retombe-t-il
une fois de plus dans ses travers tels qu’exprimés pendant la longue séquence
électorale, à humer l’air du temps pour récolter les voix qui lui permettraient
de gagner ou de faire gagner son camp. Ainsi, Jeff constate-t-il et fait-il
relayer à grands renforts de médias complaisants (en un ou deux mots au choix)
le concept de racisme anti-blanc. Comme l’édile de la ville du brie le
dit : «Je sais que je brise un tabou en employant le terme de "racisme
anti-blanc" mais je le fais à dessein, parce que c’est la vérité que vivent
certains de nos concitoyens et que le silence ne fait qu’aggraver les
traumatismes».
Diantre, fichtre, il y avait donc ce problème et personne n’en parlait, à
part bien sûr au FN et dans ses arrière-boutiques. Jean-François nous explique
que «Ces phénomènes sont impossibles à voir depuis Paris, dans les sphères
médiatiques et politiques où la grande majorité des dirigeants sont des
Français blancs de peau, nés de parents français. Dans ces microcosmes, le
manque de diversité limite la présence de personnes de couleur ou d’origine
étrangère». Car comme chacun sait, Copé ne vient pas de Paris, n’est ni
dans la sphère médiatique ni dans la sphère politique, n’est pas un français
blanc de peau, etc.
Il sait donc mieux que quiconque quelle est la réalité et quels sont les
remèdes. Gloire à toi Jean-François qui veut faire de l’UMP une organisation
«républicaine, moderne et libérée du politiquement correct, cet ordre établi
imposé par la gauche bien-pensante pour assurer sa domination». Ce n’était donc
pas déjà le cas, malgré sa présidence certainement éclairée à la tête du
« machin UMP ».
Mais où Copé se plante, c’est sur l’Histoire. Si pour le candidat à sa
succession, «L’UMP deviendrait ainsi le premier parti d’action civique. Tout en
étant dans l’opposition, elle commencerait déjà à se rendre utile, à protéger
les Français face à la crise», on se demande tout de même à quoi a servi le
Service d’Action Civique (alias SAC) ancienne excroissance du parti gaulliste
et qui mit le pied à l’étrier à un certain Charles Pasqua. Copé est amnésique.
Le mot de la fin à feu Marcel Aymé qui ne pensait peut-être pas à Copé
lorsqu’il déclara : « Les riches d’aujourd’hui, c’est comme les
fromages trop faits, ça ne sait plus garder les distances. »
Enfin, on ne va pas en faire tout un fromage !
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