(fil-fax 27/09/12)
L’Opéra de Rouen a choisi pour fêter son cinquantenaire de monter l’emblématique opéra Carmen. Cet opéra en quatre actes de Bizet, où « l’amour enfant de bohème n’a jamais connu de lois », était à l’affiche en 1962 du tout nouveau Théâtre des arts de l’époque. Cinquante ans plus tard, à mi-chemin entre une version classique et une version contemporaine, la mise en scène du directeur de l’Opéra Frédéric Roels, est maîtrisée en sobriété. En bohémienne rebelle, Carmen y est belle. Trop peut-être. Langoureuse, arrogante et provocante, Vivicia Genaux y tourne les esprits jusqu’à la folie. Vêtue d’un short court en jean, elle séduit son auditoire autant par l’audace de la chute de ses reins que par la tessiture de sa voix. Face au public, tourmentée, la voici qui jette ses filets sur un brigadier au cœur tendre. L’histoire ne dit pas si c’est par fantaisie. L’homme cède vite, trop vite peut être, à l’envoûtement diabolique d’une fleur jetée sur son épaule. C’est pour Don José, interprété par le brillant Florian Laconi, le début d’une descente aux enfers qui le mènera au meurtre de sa bien aimée au motif d’une jalousie surannée mais tellement crédible. Don José qu’il faut voir mendier l’amour de sa belle au dernier acte avait pourtant été prévenu. C’est que l’amour, « tu crois le tenir, il t’évite, tu crois l’éviter, il te tient ». La direction musicale est assurée par Luciano Acocella. Vive et cadencée, expressive, elle nous donne à redécouvrir avec plaisir ces airs qui ont fait mille fois le tour du monde dont ce chœur des gamins joliment interprété à Rouen par la Maîtrise du conservatoire.
• Carmen : 7 représentations à Rouen du 25 septembre au 7 octobre (15 à 65€). Trois représentations les 14, 16 et 18 octobre à l’opéra royal de Versailles (55 à 165€).
