Conseil municipal : échanges locaux pour un débat national

Au conseil municipal, le débat sur les orientations budgétaires pour 2013 a été marqué par un vif échange de vues sur la situation nationale. Un vœu demandant le maintien de l’activité de Petroplus a toutefois été adopté unanimement. Ce ne sont pas les orientations budgétaires de la commune pour 2013 qui ont suscité le débat au conseil municipal le 25 octobre, tous se sont accordé à juger "bon et sérieux" le budget de la Ville. Mais c’est le contexte : la gravité des difficultés vécues par la population, l’ampleur des menaces industrielles et les réponses apportées par le nouveau gouvernement ont été l’objet d’un vif débat. Dans son rapport, Joachim Moyse, adjoint en charge des finances, a présenté les grandes orientations stéphanaises pour 2013 : poursuite des engagements de solidarité et mise en œuvre du marché de performance énergétique, recours à l’emprunt limité, sans augmentation des taux d’imposition, "un budget sérieux et solidaire, résumait-il, attentif à la population". Mais Joachim Moyse disait aussi fortement son inquiétude de la future loi de finances 2013, du gel prévu des dotations aux collectivités locales et des déclarations du premier ministre sur la nécessaire participation de ces mêmes collectivités à la réduction des déficits. Autre source d’inquiétude, la réduction de 4 à 8 % des budgets des ministères : "quel avenir pour les partenariats que nous avons engagés : le Cleac pour développer la lecture, le contrat local de santé, la convention danse du Rive Gauche, le contrat urbain de solidarité ?". s’interrogeait l’élu communiste qui regrettait l’absence d’une "réelle rupture avec la politique injuste menée depuis dix ans par la droite. La réduction du déficit ne peut pas être la seule boussole. Les conditions politiques sont là pour changer."
La critique a fait tousser les élus socialistes. "D’accord sur le constat difficile, d’accord pour dire qu’il faut faire plus, mais pas de démagogie, la machine à billet n’existe pas", répondait David Fontaine, en regrettant que soient oubliées les mesures prises par le gouvernement de gauche : l’augmentation du Smic et de la prime de rentrée scolaire, les emplois créés dans l’Éducation nationale, l’encadrement des loyers, le soutien aux emplois aidés, la création d’une banque publique d’investissement, le nouveau pas dans la décentralisation. Il souhaitait que la majorité municipale reste soudée, "nous sommes solidaires du budget, c’est un bon budget", concluait-il.
"D’accord la prime de rentrée a été augmentée, mais le conseil général a augmenté les transports scolaires, remarquait Michèle Ernis, élue Droit de cité. Il faut rappeler tous les transferts de charges qui n’ont pas été compensés au conseil général. Chacun doit dire ce qu’il a à dire, le débat d’orientation budgétaire est décisif pour une collectivité. Comment élaborer un budget en s’enfermant dans la loi de finance, la décentralisation et le pacte budgétaire européen ?". Pascal Le Cousin, communiste, insistait sur la souffrance rencontrée par la population, les jeunes qui n’ont pas d’emploi, les retraités qui voient diminuer leurs revenus, "d’autres réponses sont possibles, il ne faut pas s’enfermer dans l’austérité, dix ans en Grèce, trois au Portugal, deux en Espagne, on voit où ça mène".
Le maire, Hubert Wulfranc, a dit partager ce constat de la réalité,"nous sommes tous interpellés, il faut résister tous les jours, dans tous les domaines, a-t-il souligné. Nous attendons des actes."
Hubert Wulfranc, citait deux exemples de "ce qui ne va pas assez vite, assez loin, assez bien" : les écoles de Saint-Etienne-du-Rouvray n’ont eu droit qu’à une seule création de poste, alors que le ministre de la ville avait demandé que les enseignants soient attribués prioritairement dans les zones urbaines sensibles (zus). En matière de renouvellement urbain, le ministre de la Ville a dit aussi vouloir orienter les aides de l’Anru vers les Dom-Tom très peu aidées jusqu’à présent. "D’accord, approuve le maire, mais comment peut-on en même temps maintenir les exonérations sur les investissements à l’outre-mer ?"
Le même débat a repris à propos de la motion de soutien aux salariés de Petroplus. Les élus ont cependant voté ensemble la motion qui demande notamment : "depuis près d’un an, l’entreprise de raffinage est gérée par ses salariés qui ont démontré que son exploitation est viable, dit le texte. (…)La question du maintien de l’indépendance énergétique du pays rend indispensable le sauvetage de la raffinerie qui emploie actuellement 4701 salariés et fait vivre près de 2 000 familles (…) dans le bassin de vie rouennais".

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