(fil-fax 01/11/12)
Le comité d’entreprise des Coopérateurs de Normandie Picardie dont le siège est au Grand-Quevilly a été informé vendredi dernier d’un projet de suppression de 301 emplois sur 3.000. « Nous devons procéder à une restructuration en raison des difficultés de l’activité discount qui est malmenée en France depuis trois ou quatre ans et qui constitue plus de la moitié de notre chiffre d’affaires« , a indiqué Stéphane Barré, directeur général du groupe. Il assure que cette décision n’a pas été prise pour « consolider l’actionnariat » mais « pour survivre« , en rappelant que l’entreprise est une coopérative de consommateurs. Selon une source syndicale, les magasins les plus touchés seront ceux des enseignes Mutant et Sobodis où respectivement 134 et 40 emplois pourraient disparaître. Mais le siège social et les entrepôts situés au Grand-Quevilly seront également concernés avec 82 emplois menacés. Stéphane Barré espère que la mise en oeuvre du plan sera « rapide » mais il dit ne pas « être maître du calendrier« .
De son côté, le syndicat CGT a réagit en rappelant l’identité particulière des Coopérateurs de Normandie Picardie. « Nous ne sommes pas dans une entreprise capitaliste, et nous ne sommes pas dans un plan de suppression des emplois visant à satisfaire des actionnaires« , écrit-il sur son site internet. Il explique les difficultés par « un enchaînement de pertes d’exploitation de l’entreprise depuis plusieurs années, qui sont une combinaison de mauvais choix stratégiques, de baisse générale du pouvoir d’achat des familles, d’une concurrence acharnée des enseignes qui disposent d’énormes moyens, comparer à ceux de la Coopérative« . Il rappelle que cette restructuration n’est pas la première: en 2011 déjà, 140 emplois ont été supprimés dans le cadre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui a concerné essentiellement les Pays de la Loire.
Le groupe qui emploie plus de 3.000 salariés et compte 330 magasins (Hyper U, Super U, Point Coop, Mutant, Mutant Express Sobodis…) a réalisé un chiffre d’affaires de 833 millions d’euros en 2011. Il est implanté dans 25 départements de la façade ouest de la France, de la Somme aux Pyrénées-Atlantiques. Le groupe est le lointain héritier de la Solidarité Sottevillaise, une coopérative de consommation fondée en 1892 par le socialiste germaniste Louis Lucas et qui comptait une vingtaine de succursales en 1920.