Galerie photo. Le pont Mathilde dix jours après

Lundi 29 octobre, un camion-citerne transportant plus de 30 000 litres de carburant s'est éventré sur le pont Mathilde de Rouen, resté fermé depuis.

Lundi 29 octobre, un camion-citerne transportant plus de 30 000 litres de carburant s'est éventré sur le pont Mathilde de Rouen, resté fermé depuis (photo : DVelec).


Dix jours après l’accident du pont Mathilde, Rouen se remet doucement de son amputation. La circulation s’organise tant bien que mal, et la commune entame une longue réadaptation de son réseau routier. La traversée de la Seine aux heures de pointe tient du parcours du combattant et les Rouennais s’inquiètent de l’ampleur que prendra le phénomène à partir du lundi 12 novembre, jour de rentrée des vacances de la Toussaint.
76actu est retourné sur le pont Mathilde où le va-et-vient incessant des voitures a laissé place à un spectacle de désolation, que viennent contempler de nombreux riverains, curieux de voir à quoi ressemble ce pont meurtri dont tout le monde parle. Sur place, les badauds empruntent les rampes d’accès sur la rive gauche pour aller voir de plus près les restes carbonisés de l’incendie et faire une photographie souvenir d’un fait divers qui restera inscrit dans l’histoire moderne de la ville de Rouen.

L’attraction du moment

Le pont Mathilde est devenu une véritable attraction pour les Rouennais. L’accident est au centre de toutes les discussions : chez le boulanger, dans les salles d’attente et dans les bistrots, où chacun y va de son hypothèse et de sa version des faits. Des paris, mettant en jeu la note du restaurant, sont même pris sur la date de sa réouverture. Les grands-parents, accompagnées de leurs petits-enfants, se plaisent à évoquer la construction de l’édifice, au début des années 70.
Le pont – qui porte le nom de Mathilde en hommage à l’épouse de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et roi d’Angleterre, mort à Rouen en 1087 – est finalement inauguré le 28 février 1980. L’édifice deviendra-t-il une attraction touristique jusqu’à sa réouverture ? Les plus de 30 ans connaîtront-ils la construction et la destruction du pont Mathilde dans une même vie ? Des questions qui restent pour le moment sans réponse, dans l’attente des résultats de l’étude des experts.

Découvrez notre galerie photo : le pont Mathilde, dix jours après l’accident (photos : DVelec) :

Lundi 29 octobre, un camion-citerne transportant plus de 30 000 litres de carburant s'est éventré sur le pont Mathilde de Rouen, resté fermé depuis.
C’est la travée côté rive gauche, qui a été touchée par l’incendie.
La poutre maîtresse de l’ouvrage a été très fortement endommagée au point d’être froissée (alors qu’elle devrait être verticale).
La poutre maîtresse de l’ouvrage a été très fortement endommagée au point d’être froissée (alors qu’elle devrait être verticale).
Le pont Mathilde est constitué d'une poutre composée de deux caissons à inertie variable construite par voussoirs coulés en place.
Il est précontraint longitudinalement et transversalement.
Deux travées métalliques franchissent les bras de la Seine de part et d'autre du viaduc central.
Chaque travée est constituée d'une dalle orthotrope associée à deux poutres longitudinales isostatiques.
Ces dalles reposent sur le viaduc central par l'intermédiaire d'un voussoir d'articulation cantilever en béton précontraint.

Après avoir perdu le contrôle de son véhicule, le conducteur du camion est venu percuter violemment le terre-plein central du pont.
Le camion-citerne transportait des hydrocarbures (plus de 22 000 litres de gasoil et 9 000 litres de super).



Depuis l'accident, le pont Mathilde est fermé dans les deux sens de circulation.



Le feu a pris non seulement sur mais sous le pont, fragilisant ainsi sa structure métallique.
En contrebas de l’édifice qui surplombe la Seine et l’île Lacroix, trois caravanes de forains et trois camions de chargement ont été détruits par l’incendie.
Des familles se trouvaient dans les caravanes au moment de l'accident mais tout le monde a pu sortir à temps et personne n'a été blessé.
« On a entendu un grand boum ! On est sorti et on a vu les flammes. On s’est tous enfui sans se poser de question. Mais là, on aimerait pouvoir y retourner pour savoir si nos caravanes sont menacées, si on peut sauver des choses », a raconté une jeune maman à Paris Normandie.





Une équipe d'experts a immédiatement été dépêchée sur le pont. Les résultats de leur étude devraient être connus dans la semaine du 12 novembre.
Les experts devront déterminer si le pont est assez solide pour supporter le poids des véhicules ou non.
Ce qui inquiète le plus les autorités, c’est que le tablier du pont Mathilde est en fait une dalle d’une seule pièce. Cela signifie-t-il qu’il faudra tout changer si une partie du pont est défectueuse ?

Rappel des faits

Le scénario est digne d’un film d’action hollywoodien. Lundi 29 octobre 2012, un camion-citerne transportant plus de 30 000 litres d’hydrocarbures se couche sur le pont Mathilde de Rouen.  Vraisemblablement à cause de sa vitesse excessive, le conducteur perd le contrôle de son véhicule dans une légère courbe. Le camion vient alors percuter le terre-plein central, avant de se coucher sur le flanc.
Dans sa course, il percute violemment un camion frigorifique arrivant en sens inverse. Le conducteur a tout juste le temps de quitter son véhicule, avant que la citerne ne s’éventre et que son contenu ne s’enflamme sur la chaussée.
Le carburant en feu se propage et s’écoule lentement en contrebas de l’ouvrage. Trois caravanes et deux camions stationnés sous le pont, rive gauche, et appartenant à des forains de la foire Saint-Romain, s’enflamment à leur tour. Une épaisse colonne de fumée noire est  visible à des kilomètres autour Rouen et l’évènement fait rapidement le tour de France.
En langage médical, Rouen a subi un infarctus : l’une de ses artères principales est fermée pour trois semaines minimum, le temps pour les experts de rendre leur verdict. Des travaux sont à prévoir. Qu’ils soient minimes ou gigantesques, ils paralyseront la ville pour plusieurs mois.

L’appel au civisme du maire de Rouen

Un vaste plan de circulation a été mis en place mercredi 31 octobre, par le préfet de Seine Maritime, la Ville de Rouen et la CREA pour limiter au maximum les désagréments pour les usagers. Le maire de Rouen, Yvon Robert a quant à lui appelé les Rouennais « au civisme » en leur demandant, dans la mesure du possible, d’avoir recours au covoiturage et à l’usage des transports en commun, du vélo et de la marche à pied.
Quant aux résultats de l’étude des experts, ils devraient être connus dans la semaine du 12 novembre.

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