Je soluponte, tu solupontes, nous solutionnons…
Depuis l’incendie sur le pont Mathilde le 29 octobre dernier, Rouen est devenu plus que jamais un enfer autoroutier…


Les autorités font se qu’elles peuvent: par exemple un nouveau plan de circulation mis en place en catastrophe et qui risque d’être catastrophique à partir du 12 novembre prochain avec la fin des vacances scolaires. Ou alors des annonces du genre: prenez un peu plus votre vélo, faites du co-voiturage, utilisez les parkings relais… Toute injonction officielle qui fait penser au » qu’ils mangent de la brioche » de Marie-Antoinette en 1789…
Les usagers rouennais ont un temps espéré une gratuité exceptionnelle des transports en commun de la CREA ils n’auront droit qu’à une baisse passagère et limitée du prix de leurs tickets et de leurs abonnements.
Mais à tout malheur quelque chose de bon, l’affaire de l’incendie du pont Mathilde et la perspective d’un blocage autoroutier complet de l’agglomération rouennaise suscitent depuis 10 jours un intense débat sur Internet, les blogs, le site de Paris-Normandie et les réseaux sociaux…
Alors que Laurent Fabius pontifie en silence dans les ors de la République, les citoyens et usagers rouennais « solupontent »:
Comment rediriger un flux de plus de 80000 véhicules quotidiens d’une rive à l’autre avec le minimum d’impact possible?
Chacun y va de sa solution et c’est finalement passionnant de voir émerger un atelier d’urbanisme participatif improvisé sur Internet qui rend encore plus éloquent le silence des pontes de la Fabiusie -Levernie…
Une adresse pour suivre les débats en cours sur les conséquences de l’incendie du pont Mathilde:
http://www.scoop.it/t/arouen-je-soluponte-tu-solupontes-nous-solutionnons
Plus fondamentalement, la fermeture du pont Mathilde rappelle violemment à toute une classe politique locale que Rouen est la seule agglo de 600000 habitants à ne toujours pas disposer d’un véritable périphérique de contournement et il se trouve encore des écologistes pour s’opposer au projet de contournement EST entre l’A28 et l’A13 dont on parle depuis 40 ans (c’est à dire aussi longtemps que la question de la « réunification » normande) alors qu’un projet de tracé vient enfin d’être présenté par la préfecture régionale de Haute-Normandie.
Rouen, encaissée dans son méandre sur la Seine, bordée par des plateaux culminant à plus de 100 mètres au dessus du fleuve, agglomération tentaculaire sertie dans son écrin de forêts a toujours été un lieu de passage privilégié d’une rive de la Seine à l’autre mais la multiplication des passages rouennais, en raison de cette géographie de fortes pentes, a toujours été difficile…
Le centre ville de Rouen situé sur la rive droite de la Seine dans le 1er méandre à droite…
En vert sombre: l’écrin forestier du Roumois sur les plateaux et leurs rebords. Dans la vallée, la ville, ses industries et son port juste en aval de la ville…
Sur cette carte de l’agglo de Rouen diffusée par l’agence d »urbanisme, le pont Mathilde occupe une position clef (cercle noir)
Mais cela n’explique par pourquoi, il n’est toujours pas possible de contourner correctement par des autoroutes la REGION PARISIENNE par l’OUEST et le SUD-OUEST entre ROUEN et ORLEANS et que le dernier grand port maritime d’Europe de fond d’estuaire ne soit toujours pas doté des infrastructures de transports (autoroutes et voies ferrées) digne du premier port européen d’exportation de céréales par exemple…
Sur cette carte on voit l’effet du maillon faible normand: l’absence de liaison autoroutière continue entre Rouen et Orléans: la future A154 (Rouen-Nord /Evreux / Nonancourt-Dreux / Chartres / Orléans ) la fameuse autoroute du blé de Beauce, le port de Rouen l’attend toujours. En attendant, les camions passent par la ville de Rouen avant d’affronter …
Les Normands sont condamnés à la francilienne: une torture autoroutière indigne du Moyen-âge…
Mais avec forts de l’expérience des bouchons autoroutiers rouennais, les automobilistes normands sont habitués…
LE SCANDALE AUTOROUTIER ROUENNAIS a donc pour CAUSE l’ABSENCE DEPUIS 40 ANS de l’AMENAGEMENT d’un VRAI TERRITOIRE REGIONAL à L’OUEST de PARIS…
